Un homme de 70 ans placé en garde à vue après avoir tiré sur un cambrioleur
Le 9 février, à Genas, près de Lyon, un homme de 70 ans a été placé en garde à vue. Il est soupçonné d’avoir abattu un jeune homme de 19 ans, qu’il pensait être un cambrioleur.
Selon les circonstances, le propriétaire a été réveillé vers 3h30 du matin par des bruits provenant de son toit. En allant vérifier, il a aperçu le suspect en train de tenter de pénétrer dans sa maison et a ouvert le feu. Depuis, cette affaire relance le débat sur la légitime défense.
De nombreux soutiens se sont exprimés en faveur du septuagénaire, estimant qu’il agissait pour se protéger. Kevin, 31 ans, a partagé son point de vue : « Je me mets à sa place, une personne âgée, face à un homme qui descend de son plafond à cette heure-là. » Il ajoute que, même si tirer n’était pas la bonne solution, il comprend cette réaction.
Les réflexions sur l’auto-défense et son évolution
Après le soutien du maire de Genas, Daniel Valéro, qui s’est dit « complètement solidaire » de son administré, plusieurs personnes racontent avoir dû recourir à la violence pour se défendre. Alexandre, 53 ans, ancien membre des forces spéciales, explique qu’il a lui aussi été agressé il y a quinze ans à Villefranche avec un couteau. Il a réussi à désarmer son agresseur, mais a été ensuite accusé de coups et blessures volontaires.
Il aurait fallu que je me laisse planter le couteau dans le ventre
Devenu chef d’entreprise, Alexandre constate que la justice ne protège plus suffisamment les victimes. Xavier, 56 ans, témoigne également : « Les gens n’ont plus confiance. Certains s’arment, les clubs de tir sont pleins, et des femmes s’initient au krav-maga par peur des agressions. Cela peut conduire à une forme de justice personnelle, qui, même si elle est détestable, semble inévitable. »
Une réalité nuancée : la violence et l’insécurité en baisse
Malgré ces déclarations, il est important de noter que les chiffres officiels montrent une évolution différente. Selon le service statistique du ministère de l’Intérieur, en 2025, les violences physiques ont augmenté de 5 %, un chiffre inférieur à la moyenne de 7 % observée entre 2016 et 2023. De plus, le nombre de cambriolages de domiciles a diminué de 3 % cette année-là.
Christiane, 80 ans, témoigne aussi de son expérience : « Il y a trois ans, j’ai été cambriolée. La police est venue en cinq minutes. J’ai porté plainte, et en trois mois, les voleurs ont été condamnés. »
Les enjeux juridiques en cas de drame
Suite à l’incident à Lyon, deux enquêtes ont été ouvertes : l’une pour homicide involontaire, l’autre pour tentative de vol avec arme. La personne en garde à vue pourrait, si la légitime défense n’est pas reconnue, risquer jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 75 000 euros.








