SHARE

Une étude alerte sur le lien entre mauvais sommeil et risque de démence chez les seniors

Avec l’âge, notre métabolisme change, ce qui affecte notamment nos habitudes de sommeil. Plus de la moitié des personnes âgées de plus de 65 ans rencontrent des difficultés à dormir correctement. Ce phénomène est en partie dû à la diminution de certains neurotransmetteurs, comme les hypocétines, qui jouent un rôle dans la régulation du sommeil. En conséquence, le sommeil devient plus agité, moins réparateur, avec des réveils fréquents durant la nuit.

Le rythme circadien, souvent appelé l’horloge biologique interne de 24 heures, régule l’alternance entre veille et sommeil. Il influence aussi d’autres fonctions du corps, notamment celles du cerveau. Lorsque ce rythme est perturbé, surtout chez les personnes âgées, cela peut avoir des effets importants. Une étude récente publiée dans la revue Neurology indique qu’un mauvais sommeil pourrait doubler le risque de développer une démence.

Un risque accru de démence chez les personnes qui dorment mal

Pour cette recherche, plus de 2 000 participants d’environ 79 ans ont été suivis pendant une moyenne de 12 jours. Les chercheurs ont analysé leurs périodes de repos et d’activité. Aucun d’entre eux ne souffrait de démence au début de l’étude. Les participants ont été divisés en trois groupes selon la régularité de leur rythme circadien. Ceux dont le rythme était le plus stable, c’est-à-dire le mieux conservé, ont vu 31 personnes sur 728 développer une démence. À l’inverse, dans le groupe avec des rythmes les plus perturbés, 106 personnes sur 727 ont été atteintes de la maladie.

Les résultats montrent qu’un rythme veille-sommeil peu marqué augmente de plus de la moitié (54 %) le risque de démence. Par ailleurs, avoir une activité quotidienne très irrégulière ou fragmentée augmente aussi ce risque d’environ 20 %. En clair, si une personne se lève tard un jour, se couche tôt le lendemain ou fait plusieurs siestes irrégulières, son risque de développer une démence s’accroît.

Les « lève-tard » plus exposés au risque ?

Les chercheurs ont également étudié l’acrophase, c’est-à-dire le moment où l’activité est à son pic dans la journée. Ils ont constaté que les personnes dont le pic d’activité se produisait à 14h15 ou plus tard avaient un risque de démence supérieur de 45 % par rapport à celles dont l’activité culminait plus tôt. En résumé, un pic d’activité plus tardif dans la journée est associé à un risque accru de démence chez les personnes âgées.

Même si le rythme global n’est pas nécessairement fragmenté, être plus actif le soir peut représenter un facteur de risque pour les seniors. Toutefois, les chercheurs précisent que leur étude ne prouve pas une relation de cause à effet. « Nos recherches ne prouvent pas que les rythmes circadiens irréguliers causent la démence, mais seulement qu’une association a été observée », indique un des auteurs. Des études supplémentaires sont donc nécessaires pour déterminer si intervenir sur le rythme circadien pourrait réduire ce risque.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here