Démence précoce : une étude révèle 15 facteurs de risque souvent ignorés
Voir ses capacités mentales décliner avant l’âge de 65 ans est rare, mais cela peut arriver. Lorsqu’une démence précoce survient, elle bouleverse la vie d’une personne encore active, souvent en pleine carrière ou avec une famille. Une étude publiée fin 2023 dans la revue JAMA Neurology a suivi plus de 350 000 adultes britanniques et met en évidence plusieurs signaux d’alerte importants.
Une étude majeure remet en question nos idées sur la démence précoce
Les chercheurs ont analysé une cohorte issue de la base britannique UK Biobank, comprenant 356 052 adultes de moins de 65 ans, sans démence au départ. Parmi eux, 485 ont développé une démence avant 65 ans. Selon l’épidémiologiste David Llewellyn, cette étude est la plus vaste et la plus solide jamais menée sur le sujet. Elle montre qu’il est possible d’agir pour réduire le risque en ciblant plusieurs facteurs de risque différents.
Les chercheurs ont examiné 39 éléments potentiels, qu’ils ont ensuite réduits à ceux qui sont réellement liés de façon robuste à la démence précoce. Ces facteurs incluent des aspects médicaux, génétiques ou liés au mode de vie. Sebastian Köhler, neuroépidémiologiste, souligne que la santé mentale joue aussi un rôle clé, notamment en évitant le stress chronique, la solitude ou la dépression.
Les 15 facteurs de risque identifiés
Voici la liste des principaux éléments associés à un risque accru de développer une démence avant 65 ans :
- Faible niveau d’éducation
- Statut socioéconomique faible
- Présence de deux allèles du gène APOE ε4
- Absence de consommation d’alcool
- Troubles liés à l’alcool
- Isolement social
- Carence en vitamine D
- Taux élevé de protéine C-réactive (marqueur inflammatoire)
- Faible force de préhension / grande fragilité physique
- Déficience auditive
- Hypotension orthostatique (baisse de tension lors du passage en position debout)
- Antécédent d’accident vasculaire cérébral
- Diabète
- Maladie cardiaque
- Dépression
Le lien avec la consommation d’alcool est complexe. Si les troubles liés à l’alcool augmentent nettement le risque, une consommation faible ou modérée pourrait, au contraire, réduire ce risque par rapport à une abstinence totale. Par ailleurs, un niveau d’éducation élevé et une bonne force de préhension semblent avoir un effet protecteur.
Ce que cette étude observe sur la prévention
Stevie Hendriks explique que la démence à début précoce a un impact très sérieux, car les personnes concernées ont souvent encore un emploi, des enfants, et une vie active. Bien que la cause soit souvent supposée génétique, il reste beaucoup d’incertitudes. C’est pour cette raison que l’étude a aussi cherché à identifier d’autres facteurs de risque modifiables.








