SHARE

Une marche rapide après 80 ans pourrait réduire le risque de déclin cognitif

Selon une nouvelle étude publiée dans la revue Neurology, la façon dont une personne marche après 80 ans peut révéler plus que son état physique. La mobilité est en effet liée à la santé du cerveau : une marche plus lente peut être un signe précoce de fragilité cognitive. À l’inverse, certains octogénaires et nonagénaires capables de marcher rapidement intriguent aujourd’hui les neurologues. Ces individus, surnommés les « super marcheurs », semblent présenter un risque plus faible de développer un déclin cognitif.

Un risque réduit de moitié pour les « super marcheurs »

Les chercheurs ont suivi près de 4 000 adultes âgés de 80 ans et plus, issus de différentes cohortes. Ils ont observé que les 6 à 10 % de participants qui marchaient beaucoup plus vite que leurs pairs avaient environ 50 % de chances en moins de développer un trouble cognitif au cours de l’étude. Selon Joe Verghese, neurologue à Stony Brook Medicine, cette étude confirme que la mobilité et la santé du cerveau sont étroitement liées.

Cependant, des examens du cerveau et des autopsies ont montré que ces marcheurs rapides ne présentaient pas forcément moins de plaques amyloïdes ou de lésions associées à Alzheimer. Les chercheurs évoquent plutôt des mécanismes de « résilience cérébrale », permettant de maintenir les capacités mentales malgré les changements liés à l’âge. La prudence demeure, car cette étude étant observationnelle, elle ne prouve pas que marcher plus vite empêche directement la démence.

Qui sont ces « super marcheurs » ?

Les « super marcheurs » représentent environ 10 % des seniors. Leur particularité : ils marchent nettement plus vite que la moyenne de leur âge lors de tests en laboratoire ou en cabinet, avec une vitesse au moins 1,5 écart-type supérieure à celle de leurs pairs.

Mais leur avantage ne repose pas uniquement sur de bonnes jambes. Ces personnes présentent aussi des signes de meilleure préservation cérébrale. Des travaux de la gériatre Sofiya Milman ont notamment montré un hippocampe mieux conservé, une région cruciale pour la mémoire et l’orientation. Pourtant, les analyses post-mortem ne montrent pas forcément moins de lésions typiques d’Alzheimer. Selon les chercheurs, cela pourrait plutôt refléter une meilleure capacité du cerveau à compenser les effets du vieillissement.

Comment préserver sa mobilité après 80 ans ?

Pour Joe Verghese, la vitesse de marche est avant tout un indicateur de santé globale. Ce n’est pas un objectif en soi. « La vitesse de marche doit être considérée comme un marqueur de l’état de santé global, pas comme un traitement ».

Les recommandations des Centres américains de contrôle et de prévention des maladies conseillent aux adultes âgés de pratiquer environ 150 minutes d’activité physique modérée par semaine, en adaptant l’intensité à leurs capacités et à leur état de santé.

Source : Fox News Digital

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here