Une nouvelle méthode pourrait permettre de prédire les crises d’asthme jusqu’à cinq ans à l’avance. Cette avancée a été annoncée par des chercheurs dans une étude publiée le 19 janvier dans la revue Nature Communications.
L’asthme est une maladie chronique qui provoque une inflammation des bronches. Elle se manifeste par des symptômes respiratoires tels que l’essoufflement, le sifflement, la toux ou encore une sensation d’oppression thoracique. Cette maladie touche plus de 500 millions de personnes dans le monde, ce qui en fait un enjeu majeur de santé publique.
Malgré sa prévalence, il reste difficile pour les médecins d’identifier précisément les patients à haut risque. Actuellement, il est compliqué de différencier ceux qui resteront stables de ceux susceptibles de subir des crises sévères. Cependant, des chercheurs ont développé une méthode innovante pour anticiper ces crises plusieurs années à l’avance.
Une étude basée sur l’analyse de données métaboliques
Les chercheurs ont analysé les données de trois grandes cohortes regroupant au total 2 500 patients asthmatiques. En utilisant leurs dossiers médicaux électroniques et une technique de mesure des petites molécules dans le sang, ils ont découvert une corrélation importante entre certains métabolites et le contrôle de l’asthme.
Le rapport entre sphingolipides et stéroïdes, un indicateur clé
Ils ont observé que le rapport entre deux classes de métabolites, les sphingolipides et les stéroïdes, permettait de prédire le risque d’exacerbation sur une période de cinq ans. Ce rapport pouvait même différencier le délai d’apparition de la première crise entre les groupes à haut ou faible risque, avec une différence d’environ un an.
Bien que les niveaux individuels de ces métabolites donnent des indications, c’est ce ratio qui apparaît comme le prédicteur le plus fiable pour anticiper la santé future des patients asthmatiques.
Une avancée pour la médecine de précision
Jessica Lasky-Su, professeure à l’université Harvard, explique que l’un des défis majeurs dans le traitement de l’asthme est de pouvoir prévoir les crises graves à venir. Selon elle, cette nouvelle approche pourrait permettre d’identifier avec une précision de 90 % les patients à risque élevé, afin d’intervenir avant qu’une crise ne survienne.
Craig E. Wheelock, chercheur à l’Institut de médecine environnementale du Karolinska, souligne que cette méthode basée sur le ratio entre sphingolipides et stéroïdes est à la fois biologiquement pertinente et analytiquement robuste. Elle pourrait ainsi donner naissance à un test clinique simple et rentable.
Les chercheurs estiment que ces résultats sont une étape importante vers une médecine plus personnalisée pour l’asthme. Un test basé sur ces ratios pourrait facilement être mis en œuvre dans les laboratoires classiques, permettant aux médecins de repérer rapidement les patients à risque grâce à des déséquilibres métaboliques spécifiques.
Toutefois, d’autres études doivent encore être menées sur un plus grand nombre de patients avant de pouvoir généraliser cette méthode à grande échelle.
Conseils pour prévenir les crises d’asthme au quotidien
En attendant cette avancée, il existe des techniques simples pour mieux gérer la maladie. La respiration contrôlée peut soulager certains symptômes. Il est conseillé de placer une main sur la poitrine, l’autre sur le ventre, puis d’inspirer doucement par le nez en gonflant le ventre. Ensuite, il faut expirer lentement, toujours par le nez ou la bouche, en relâchant les tensions. Pratiquée quelques minutes par jour, cette technique peut aider à réduire l’essoufflement.
La méditation, notamment la pleine conscience, est aussi recommandée pour réduire le stress, souvent à l’origine des crises. Une étude de l’Université de Cambridge a montré que cette pratique pouvait diminuer le stress sur le long terme.
Enfin, les exercices cardiovasculaires comme la marche rapide ou la course à pied renforcent les muscles autour des poumons. Cela améliore leur efficacité et réduit la sensation d’essoufflement. En développant votre endurance, vous sollicitez moins vos poumons lors d’activités quotidiennes, ce qui peut également soulager les symptômes.








