Une nouvelle piste pour traiter l’insomnie
Selon l’Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm), entre 15 % et 20 % de la population française souffrent d’insomnie. Pour pallier ce problème, beaucoup de personnes ont recours aux somnifères. Cependant, ces médicaments présentent plusieurs inconvénients : effets secondaires (somnolence, troubles de la mémoire, difficultés de concentration, troubles moteurs, maux de tête, vertiges, tremblements, risques de dépendance) et une efficacité souvent discutée par le corps médical.
Pour mieux comprendre l’impact de l’insomnie, des chercheurs ont analysé les symptômes ressentis par les patients après une nuit blanche. Parmi ces symptômes figurent l’irritabilité, la fatigue, la somnolence et les troubles cognitifs. Leur étude, publiée dans la revue JAMA Network Open, indique que l’efficacité des somnifères sur la qualité de vie est limitée. Par ailleurs, ils suggèrent que les applications mobiles peuvent jouer un rôle dans la prise en charge à long terme de cette difficulté de sommeil.
Une étude sur deux semaines avec des évaluations en temps réel
Les chercheurs ont suivi 40 participants atteints d’insomnie chronique. Pendant deux semaines, ils ont utilisé une application sur leur smartphone pour effectuer quatre évaluations quotidiennes en temps réel. Les participants ont été répartis en deux groupes : l’un recevant un somnifère, l’autre un placebo.
Sur l’application, chaque jour, ils devaient indiquer leurs symptômes : fatigue, somnolence, irritabilité et troubles cognitifs. En parallèle, ils remplissaient des questionnaires classiques pour évaluer leurs habitudes de sommeil et leurs symptômes diurnes avant et après le traitement.
Les résultats de l’étude
Les résultats montrent que les personnes sous somnifères ont ressenti une fatigue plus forte le matin, mais celle-ci diminuait dans l’après-midi et le soir. Leur vigilance cognitive était aussi plus faible en début de journée, mais elle se normalisait au fil des heures. En revanche, leur humeur n’a pas semblé s’améliorer avec le traitement.
Le principal auteur de l’étude, Emerson M. Wickwire, explique que « améliorer le sommeil ne suffit pas ». Il souligne l’importance de mesurer aussi la performance diurne, c’est-à-dire comment les patients fonctionnent durant la journée. Il ajoute que les questionnaires rétrospectifs ne permettent pas de détecter certains changements subtils, qui sont mieux visibles via l’évaluation en temps réel sur smartphone. Ces résultats apportent ainsi une nouvelle vision pour la prise en charge clinique des troubles du sommeil.
Une nouvelle approche prometteuse
Les chercheurs estiment que l’utilisation d’objets connectés et de smartphones pourrait transformer la manière dont on évalue et traite l’insomnie, ainsi que d’autres troubles du sommeil comme l’apnée ou la somnolence excessive. Le Dr Wickwire précise que cette méthode, appelée EMA (évaluation écologique momentanée), offre une approche sensible et centrée sur le patient. Elle permet de mesurer en temps réel l’effet des traitements tout au long de la journée.
Selon lui, ces nouvelles méthodes pourraient améliorer la personnalisation des soins en médecine du sommeil et, à terme, contribuer à la santé de millions de personnes souffrant de troubles du sommeil.
Les différents types d’insomnie et leurs risques
Il existe plusieurs formes d’insomnie : des difficultés à s’endormir, des réveils nocturnes avec difficulté à se rendormir, l’insomnie du petit matin (endormissement rapide mais réveil précoce) ou encore l’insomnie totale, où l’on reste éveillé toute la nuit.
Ne pas dormir suffisamment ou mal peut avoir des conséquences graves pour la santé. Des études ont montré un risque accru de diabète de type 2, de maladies cardiovasculaires (hypertension, AVC, infarctus), de cancers, ainsi que de surpoids, dépression, anxiété, déclin cognitif, maladies d’Alzheimer et troubles neurodégénératifs.
Conseils pour mieux dormir
Pour ceux qui souffrent d’insomnie, quelques ajustements d’hygiène de vie peuvent aider : pratiquer une activité physique régulière, privilégier le sport doux avant le coucher, limiter l’usage des écrans une heure avant de dormir pour éviter la lumière bleue, aérer la chambre quotidiennement pour maintenir une température inférieure à 18°C, éviter les excitants en fin de journée et privilégier un repas léger le soir.








