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Perdre un conjoint, voir ses amis tomber malades ou ressentir une lenteur dans son corps : après 70 ans, de nombreuses personnes traversent des secousses répétées. Lorsque leurs journées deviennent monotones, certains seniors peuvent perdre l’envie de se lever. Cela peut être un signe de dépression chez les personnes âgées.

En France, près de 16 % des personnes de 70 ans et plus souffrent d’un syndrome dépressif, soit environ 3 millions d’individus. Près d’un tiers des suicides concernent cette tranche d’âge. Cependant, il ne s’agit ni d’une fatalité ni d’un simple « coup de vieux ». La question essentielle reste : comment retrouver l’envie d’avancer ?

Comprendre la dépression chez les seniors : au-delà de la fatigue

Chez les personnes âgées, la dépression ne se manifeste pas toujours par des symptômes classiques. Elle peut se cacher derrière des douleurs diffuses, une fatigue persistante, des troubles du sommeil ou de la mémoire. Selon les experts, jusqu’à 70 % des dépressions chez les seniors ne sont pas détectées ou traitées, car leurs signes peuvent tromper l’entourage.

Les spécialistes rappellent que l’âge en soi ne provoque pas la dépression. Ce sont plutôt les pertes accumulées au fil du temps qui fragilisent. La retraite, le veuvage, les maladies chroniques, la baisse de revenus ou encore l’isolement social constituent un terrain propice à cette maladie. La psychologue Alexandra Wuttke souligne qu’on ne soigne pas « l’âge », mais la dépression, et qu’un accompagnement reste possible à tout moment de la vie.

Retrouver le désir d’aller de l’avant : des actions concrètes

Pour Margarete Nienaber, 76 ans, tout commence par le sac de piscine qu’elle emporte plusieurs fois par semaine. Dans l’eau froide, elle ressent un peu moins la dépression. « Quand je vais nager, je sais qu’après je me sentirai mieux, que j’aurai au moins réussi cela », raconte-t-elle dans le quotidien allemand taz. De petits objectifs comme celui-ci redonnent un sentiment de contrôle, même lorsque l’énergie manque.

D’autres seniors trouvent du soutien dans la parole. Après une perte d’emploi brutale, un homme dans la soixantaine explique qu’une thérapie de groupe et un atelier théâtre l’ont aidé à sortir de son isolement et de son sentiment de désespoir. En France, des psychologues spécialisés en psychogériatrie interviennent en cabinet, dans des centres médico-psychologiques ou parfois à domicile. Certaines structures proposent aussi le dispositif Mon soutien psy, pris en charge par l’Assurance maladie.

Le rôle de l’entourage pour briser l’isolement et relancer un projet de vie

Lorsqu’une personne âgée ne sort presque plus, néglige son apparence, perd du poids ou répète qu’elle ne sert à rien, l’entourage doit agir. Il ne faut pas la brusquer ni lui demander de « se secouer », mais prendre ses souffrances au sérieux. Proposer une consultation, se rendre disponible ou accompagner la personne pour élaborer ensemble de petites étapes réalistes peut faire une grande différence.

En cas de propos de désespoir répétés, d’idées de mort ou de repli extrême, il est crucial de demander de l’aide rapidement. Le médecin traitant, les centres médico-psychologiques, les services d’urgence ou le numéro 3114 dédié à la prévention du suicide, accessible 24h/24, sont autant de ressources à solliciter. Parfois, un simple appel suffit à enclencher une chaîne de soutien pour que la personne ne porte pas seule ce poids.

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