Malgré l’utilisation régulière de crèmes, sérums et SPF, certaines femmes constatent que les petites rides en « code-barre » autour de la bouche se figent après 50 ans. Elles attribuent souvent ces changements à leur génétique ou à des nuits trop courtes, en oubliant un geste simple au réveil : ce qu’elles mettent dans leur bol ou sur leur tartine.
Les dermatologues mettent en avant un duo dangereux pour la peau : le sucre et l’indice glycémique élevé. Un petit-déjeuner qui semble innocent peut en réalité déclencher un mécanisme chimique appelé glycation. Ce processus produit des « composés de glycation avancée » (AGEs) qui s’accumulent dans le derme, en particulier autour de la bouche, et contribuent à la formation de rides. Le faux ami est donc plus proche qu’on ne le pense.
Une zone péribuccale à surveiller après 50 ans
La peau autour de la bouche est fine et très sollicitée par la parole et la mastication. Avec l’âge, la production de collagène et d’élastine diminue naturellement. Par ailleurs, les mécanismes de défense contre la glycation, comme la glyoxalase I, s’affaiblissent. Des études montrent que le collagène cutané accumule progressivement des AGEs avec le temps, augmentant de 30 à 50 % vers 80 ans. Ces fibres, fragilisées, deviennent plus susceptibles à l’effet du sucre en excès.
Les AGEs créent des ponts entre les fibres de collagène et d’élastine, les rendant plus rigides et moins flexibles. Ils ralentissent aussi leur dégradation et leur renouvellement. De plus, ils activent un récepteur appelé RAGE dans les cellules de la peau, ce qui déclenche du stress oxydatif et une inflammation chronique. Sous l’effet des UV, du tabac et d’une alimentation déséquilibrée, ces fibres se détériorent peu à peu. Sur une zone aussi mobile que le contour de la bouche, chaque pli d’expression peut alors devenir une ride permanente.
Le petit-déjeuner à éviter pour préserver sa jeunesse
Les spécialistes estiment qu’un indice glycémique (IG) supérieur à 70 constitue un seuil critique. Or, le pain blanc, par exemple, affiche un IG autour de 85, la baguette environ 75, surtout lorsqu’elle est grillée. Les confitures industrielles à 60 % de sucre et le jus d’orange filtré, qui élimine les fibres, provoquent des pics de glucose et d’insuline dès le matin. Après 50 ans, le métabolisme gère moins bien ces montées de sucre, ce qui favorise la formation d’AGEs.
Ce phénomène repose sur la réaction de Maillard, décrite en 1912 par le chimiste Louis-Camille Maillard. Lorsqu’un excès de sucres réducteurs se fixe sans enzyme sur les protéines comme le collagène ou l’élastine, cela transforme ces protéines en AGEs. Comme du caramel qui durcit, ces fibres de soutien deviennent rigides et cassantes. La zone autour de la bouche, fine et en mouvement constant, est la première à marquer ces effets sous forme de rides verticales. En grande partie, ces AGEs proviennent aussi des aliments chauffés ou grillés, dont 10 à 30 % sont absorbés par l’organisme, renforçant le phénomène.
Adopter un petit-déjeuner plus sain pour lisser les rides
La bonne nouvelle, c’est qu’il est possible d’agir en modifiant ses habitudes alimentaires. Les experts recommandent d’éviter le pain blanc et les biscottes, en privilégiant le pain complet ou au levain, dont l’IG tourne autour de 50. Il est conseillé d’ajouter systématiquement une source de protéines (œuf, fromage blanc) ou de bonnes graisses (amandes, beurre cru) pour limiter la montée du glucose. La confiture industrielle doit être remplacée par une purée de fruits sans sucre ajouté ou un fruit entier. Quant au jus d’orange pressé, souvent considéré comme sain, il contient beaucoup de fructose, ce qui accélère la glycation autant qu’un soda.
Pour renforcer la peau de l’intérieur, certaines boissons sont recommandées. Le cacao brut, riche en flavonoïdes comme l’épicatéchine, est une alliée de la nutricosmétique. Selon Le Journal des Femmes, ces antioxydants naturels améliorent la microcirculation sanguine, favorisent une meilleure oxygénation des cellules et donnent un teint plus lumineux. Il est conseillé de le consommer sans sucre ajouté, en poudre peu transformée ou en éclats de fèves, à raison d’une à deux cuillères à soupe le matin, mélangées à un lait végétal ou à de l’eau chaude, plutôt qu’au lait de vache. Cela constitue une alternative gourmande à l’orange pressée et contribue à limiter la glycation au réveil.








