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Les nouvelles recommandations de l’ANSM sur le finastéride

En France, le traitement de la calvitie à base de finastéride fait l’objet de restrictions accrues. Longtemps considéré comme une solution simple pour ralentir la chute des cheveux, ce médicament n’est plus considéré comme sans risque.

L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a récemment réévalué le rapport bénéfice-risque du finastéride 1 mg, utilisé dans le traitement de l’alopécie androgénétique masculine, une forme de calvitie héréditaire. Dans son communiqué du 5 février 2026, l’agence met en avant des risques importants, notamment des troubles psychiatriques, tels que des idées suicidaires, et des troubles de la fonction sexuelle pouvant être graves. À partir de cette année, l’accès aux nouvelles prescriptions sera donc plus strict, ce qui soulève des questions chez les hommes concernés.

Qu’est-ce que le finastéride et comment est-il utilisé ?

Le finastéride 1 mg, commercialisé sous le nom de Propecia et sous plusieurs génériques, est prescrit pour traiter la calvitie masculine. Il agit en bloquant l’action de la testostérone sur les follicules pileux, ce qui permet de ralentir la chute des cheveux chez certains hommes. Ce traitement est souvent débuté à un jeune âge, chez des patients en bonne santé, ce qui rend la survenue d’effets indésirables d’autant plus préoccupante.

Les risques identifiés et leur impact

Les signalements français de pharmacovigilance ont recensé environ 110 cas de troubles psychiatriques ou sexuels liés à l’utilisation du finastéride entre 1985 et mai 2024. Parmi eux, 67 % sont considérés comme graves. On dénombre au moins un décès par suicide, plusieurs tentatives, ainsi que deux autres suicides signalés par la suite. Certains patients rapportent que ces symptômes persistent même après l’arrêt du traitement. L’ANSM considère désormais que le rapport bénéfice-risque de ce médicament n’est plus favorable, surtout pour un traitement considéré comme de confort.

Nouvelles mesures à partir d’avril 2026

À compter du 16 avril 2026, toute première prescription de finastéride 1 mg pour la calvitie devra être accompagnée d’une attestation annuelle d’information, dite « partagée ». Ce document, signé conjointement par le médecin et le patient, atteste qu’ils ont discuté des bénéfices et des risques, notamment psychiatriques et sexuels. Le pharmacien devra vérifier la présence des deux signatures avant de remettre le médicament. En cas d’absence de cette attestation, la délivrance sera refusée.

En pratique, cette mesure implique que le médecin doit détailler les effets indésirables possibles, remettre l’attestation et s’assurer que le patient comprend ce qu’il doit faire en cas de changement d’humeur ou de problème sexuel. Déjà depuis 2023, un QR code figure sur les boîtes pour orienter vers une page d’information, mais l’attestation constitue désormais une trace écrite de l’échange.

Quelles alternatives contre la calvitie ?

L’ANSM ne prévoit pas de retirer le finastéride du marché, mais insiste sur la nécessité pour chaque homme de peser les risques et les bénéfices avec son médecin. En cas de tristesse inhabituelle, d’anxiété, d’idées noires ou de troubles sexuels sous traitement, il est recommandé d’arrêter le traitement rapidement et de consulter un professionnel de santé. Signalements et conseils doivent être faits auprès d’un médecin ou d’un pharmacien.

Une autre option médicamenteuse pour traiter la chute de cheveux est le Minoxidil, appliqué en lotion deux fois par jour, pendant au moins trois mois.

La prévalence de la calvitie en France

Selon une enquête de l’IFOP, environ 25 % des hommes de moins de 65 ans en France déclarent souffrir de calvitie visible ou de perte de cheveux significative à un moment de leur vie. Chez les femmes, cette proportion est beaucoup plus faible, autour de 2 %.

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