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Les grands-parents jouent un rôle important dans la vie des familles françaises. Selon des chiffres relayés par des associations de seniors, la France compte environ 15 millions de grands-parents. Près de deux enfants de moins de 6 ans sont gardés, au moins occasionnellement, par leurs grands-parents.

Régine Florin, présidente de l’École des Grands-Parents Européens (EGPE), indique que ces derniers s’occupent de leurs petits-enfants en moyenne 22 jours par an. Leur temps de garde hebdomadaire représente l’équivalent de 650 000 emplois à temps plein.

Une étude néerlandaise sur le lien entre garde d’enfants et santé cognitive

Une équipe de l’Université de Tilburg, aux Pays-Bas, a étudié si cette présence auprès des plus jeunes influence aussi la santé du cerveau des grands-parents. Les résultats, publiés fin janvier 2026 dans la revue Psychology and Aging, montrent que garder ses petits-enfants, même occasionnellement, pourrait ralentir le déclin cognitif et réduire le risque de démence. Cependant, la réalité est plus nuancée.

Les résultats de l’étude de Tilburg

L’étude, intitulée Grandparents’ cognition and caregiving for grandchildren: Frequency, type, and variety of activities, s’appuie sur l’English Longitudinal Study of Ageing (ELSA). Les chercheurs ont suivi 2 887 grands-parents britanniques de plus de 50 ans, avec une moyenne d’âge de 67 ans. À trois moments sur environ six ans, ils ont passé des tests pour évaluer leur mémoire épisodique et leur fluidité verbale. Ils ont aussi répondu à des questionnaires sur leur implication dans la garde de leurs petits-enfants, la fréquence de cette garde, et les activités réalisées, comme jouer, aider aux devoirs, accompagner aux sorties ou préparer les repas.

Les résultats sont clairs : les grands-parents qui s’occupent de leurs petits-enfants obtiennent de meilleures performances en mémoire et en expression verbale que ceux qui ne gardent pas leurs petits-enfants, peu importe la fréquence ou le type d’activités. Chez les grand-mères, la étude note aussi un déclin cognitif moins marqué sur la période de suivi. Selon la co-autrice Flavia Chereches, ces bénéfices ne dépendraient pas uniquement de la fréquence ou des activités spécifiques, mais plutôt de l’expérience globale liée à cette implication.

Les bénéfices pour la santé cérébrale

Améliorer ses performances en mémoire et en langage, tout en voyant leur dégradation ralentir avec l’âge, indique une meilleure santé cérébrale. Un déclin rapide de ces fonctions augmente le risque de démence. Les chercheurs s’intéressent donc à l’impact potentiel d’une implication régulière auprès des petits-enfants pour ralentir cette évolution.

Les effets observés concernent surtout les grand-mères, qui montrent un ralentissement du déclin cognitif. Chez les grands-pères, ils partent d’un niveau initial plus élevé mais déclinent à un rythme similaire à celui des grands-parents moins impliqués. Cependant, les auteurs précisent que leur étude est uniquement observationnelle. Elle ne peut pas prouver que garder ses petits-enfants protège à elle seule contre le déclin cognitif. Il est aussi possible que des grands-parents en meilleure santé mentale soient plus enclins à s’impliquer davantage avec leurs petits-enfants.

Une implication volontaire et ses nuances

Selon Régine Florin, de plus en plus de grands-parents préfèrent s’engager ponctuellement, pour aider les parents plutôt que pour une garde quotidienne. Flavia Chereches insiste sur l’importance du contexte : s’occuper de petits-enfants dans un environnement soutenant favorise davantage le bien-être mental des grands-parents. À l’inverse, s’occuper d’eux dans un contexte stressant ou perçu comme une contrainte pourrait avoir un effet négatif sur leur santé.

Les futures recherches devront préciser ces aspects. Déjà, un message se dégage : une implication volontaire, même à petite dose, peut être bénéfique. Elle permet de profiter de moments avec les enfants tout en soutenant la santé mentale des grands-parents. En France, où la garde informelle représente autant que de nombreux emplois à temps plein, cette démarche pourrait être essentielle pour le bien-être des seniors.

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