Les symptômes de la ménopause pourraient indiquer un risque accru de démence
Les femmes d’âge moyen souffrent souvent de nombreux symptômes liés à la ménopause : bouffées de chaleur, sueurs nocturnes, sécheresse vaginale, troubles du sommeil, irritabilité ou encore sensation de brouillard mental. Si ces signes sont généralement considérés comme une étape normale de la vie, des recherches récentes suggèrent qu’ils pourraient également être liés à un risque plus élevé de développer des maladies neurodégénératives, notamment Alzheimer.
Une étude canadienne met en lumière un lien entre symptômes et déclin cognitif
L’étude CAN-PROTECT, menée au Canada, a suivi 896 femmes après la ménopause. Les participantes ont indiqué combien de symptômes elles avaient rencontrés lors de la périménopause, en moyenne quatre par femme. Parmi ces symptômes, les plus courants étaient les bouffées de chaleur (88 %) et les sueurs nocturnes (70 %). Les chercheurs ont constaté que plus une femme présentait de symptômes, plus ses résultats aux tests de mémoire et de comportement montraient des signes de déclin plusieurs années plus tard.
Effets de la ménopause sur le cerveau et implication pour Alzheimer
La ménopause correspond à l’arrêt des règles depuis au moins 12 mois, généralement entre la fin de la quarantaine et le début de la cinquantaine. Pendant cette période, le taux d’œstrogènes baisse fortement, ce qui influence directement le cerveau. Selon National Geographic, près de 41 % des femmes rapportent des troubles de mémoire lors de cette transition, même si la majorité ne développeront pas de démence.
Les œstrogènes jouent un rôle dans la mémoire, la connexion entre neurones, l’humeur, et l’élimination de protéines toxiques associées à Alzheimer. Leur diminution affaiblit cette protection naturelle. Les recherches indiquent que les femmes ont environ deux fois plus de risques que les hommes de développer Alzheimer. La neurologue Lisa Mosconi estime qu’environ 20 % des femmes pourraient faire face à une démence dans les décennies suivant la ménopause.
Le nombre de symptômes comme indicateur de vulnérabilité cérébrale
Dans l’étude CAN-PROTECT, l’équipe de Zahinoor Ismail a évalué également la mémoire, la réflexion et le comportement des participantes plusieurs années après la ménopause. Les femmes ayant accumulé le plus grand nombre de symptômes présentaient plus de difficultés cognitives et des changements émotionnels ou sociaux. Ces résultats suggèrent que le nombre de symptômes de la ménopause pourrait être un marqueur précoce de fragilité du cerveau.
De plus, d’autres recherches confirment ces tendances. Lors d’une étude présentée à la Menopause Society, 250 femmes ayant des bouffées nocturnes fréquentes montraient des biomarqueurs sanguins associés à un risque accru d’Alzheimer. Par ailleurs, selon une analyse du UK Biobank relayée par National Geographic, une ménopause survenue avant 40 ans augmenterait d’environ 35 % le risque de démence. Il est important de noter que ces liens sont principalement corrélatifs, et non causal.
Attention, ces symptômes ne prédisent pas forcément Alzheimer
Accumuler plusieurs types de symptômes — vasomoteurs, troubles du sommeil, brouillard mental, anxiété ou infections urinaires répétées — n’est pas un diagnostic d’Alzheimer. Cependant, cela constitue un signal d’alerte pour consulter un professionnel de santé, comme un médecin ou un gynécologue. Selon l’étude CAN-PROTECT, les femmes sous traitement hormonal œstrogénique présentaient moins de changements comportementaux, mais les résultats restent à confirmer.
Pour protéger le cerveau, il est recommandé de privilégier une activité physique régulière, une alimentation méditerranéenne, un sommeil de qualité et une vie sociale active. Ces stratégies sont parmi les plus efficaces pour réduire le risque de déclin cognitif à long terme.








