Perdre du poids après 50 ans peut s’avérer difficile. Les hormones qui chutent et un métabolisme plus lent compliquent souvent la tâche, même en maintenant de bonnes habitudes. Cependant, une étude récente menée par la Mayo Clinic offre un éclairage nouveau sur une approche de traitement combiné qui pourrait faire la différence.
Une étude sur 120 femmes en surpoids ou obèses
Cette étude a suivi pendant un an 120 femmes ménopausées en surpoids ou obèses. Toutes prenaient du tirzepatide, un médicament injectable connu pour favoriser la perte de poids, commercialisé sous le nom de Mounjaro. Certaines d’entre elles recevaient également un traitement hormonal de la ménopause. Les résultats ont été surprenants : les femmes associant traitement hormonal et tirzepatide ont perdu en moyenne 35 % de poids supplémentaire par rapport à celles qui ne prenaient que le médicament.
La chercheuse Regina Castaneda souligne l’importance de ces résultats : « cette étude fournit des informations importantes pour développer des stratégies plus efficaces et personnalisées de gestion du risque cardio-métabolique chez les femmes ménopausées ».
Pourquoi cette combinaison fonctionne après la ménopause
Le tirzepatide agit notamment sur la sensation de faim et la régulation du taux de sucre dans le sang. Le traitement hormonal, quant à lui, compense la baisse des œstrogènes, un phénomène central lors de la ménopause. Les scientifiques s’interrogent sur la manière dont ces deux approches se complètent. Il est possible que les œstrogènes renforcent l’effet des médicaments de type GLP-1 comme le tirzepatide, notamment sur l’appétit et le métabolisme.
Par ailleurs, d’autres facteurs pourraient expliquer ces résultats. Certaines femmes sous traitement hormonal dorment mieux ou ressentent moins de symptômes liés à la ménopause, ce qui pourrait faciliter une adoption plus facile d’un mode de vie sain. Les chercheurs évoquent aussi une possible interaction biologique entre hormones et médicaments, mais ce point doit encore être confirmé.
Les chercheurs restent prudents
Comme le souligne l’endocrinologue Maria Daniela Hurtado Andrade : « comme il ne s’agissait pas d’un essai randomisé, nous ne pouvons pas affirmer que l’hormonothérapie a entraîné une perte de poids supplémentaire ».
Cette étude ouvre cependant une nouvelle piste pour la prise en charge du poids après la ménopause, une période où les risques de maladies cardiovasculaires et de diabète augmentent souvent en lien avec la prise de poids. Un essai clinique plus encadré est prévu pour confirmer ces premières observations. L’objectif est clair : déterminer si cette combinaison peut devenir une approche personnalisée pour aider les femmes à mieux gérer leur poids après la ménopause.
Source : The role of menopause hormone therapy in modulating tirzepatide-associated weight loss in postmenopausal women with overweight or obesity: a retrospective cohort study, The Lancet, mars 2026







