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La santé mentale des personnes âgées est souvent mise à rude épreuve, mais cette réalité reste parfois méconnue. Les seniors, souvent isolés de leurs proches, confrontés à des problèmes de santé ou à des limitations physiques, se retrouvent à l’écart de la société. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 15 % des personnes âgées de 60 ans et plus souffrent de troubles mentaux. Ce chiffre atteint 20 % lorsque l’on inclut les troubles neurologiques. De plus, un quart des suicides concernent des seniors, ce qui souligne l’importance de mieux prendre en compte leur santé mentale.

Il est essentiel de prévenir plutôt que de guérir. Cela passe par une préparation à la vieillesse, en développant une dynamique équilibrée dans différents aspects de la vie : physique, psychologique, spirituel, social et économique. Chacun peut ainsi améliorer son bien-être à long terme.

Des témoignages pour comprendre la détresse

Sur le subreddit AskOldPeopleAdvice, une communauté où les personnes âgées partagent leurs expériences, le média BuzzFeed a recueilli plusieurs témoignages anonymes. Ces récits mettent en lumière les difficultés rencontrées par nos aînés.

Une santé physique et mentale étroitement liée

Les témoignages montrent que la santé physique influence fortement la santé mentale. Par exemple, de nombreuses femmes évoquent la ménopause comme un moment de rupture. Elles déplorent le manque d’informations et d’accompagnement :

« C’est comme si les femmes n’étaient pas censées parler ouvertement de leur santé menstruelle et reproductive. On est censées laisser faire les choses sans savoir à quoi s’attendre ni ce qui se passe dans notre corps. »

Certaines dénoncent aussi le retard dans la prise en charge :

« La santé des femmes est une véritable honte. Nous avons 50 ans de retard. »

Au-delà des douleurs physiques, la crainte de la solitude est fréquemment évoquée. Une internaute confie :

« Je crains de perdre mon conjoint. Il a treize ans de plus que moi et il s’occupe souvent de moi, car je souffre d’une maladie auto-immune qui me fragilise. »

En France, environ 5 millions de personnes vivent avec une maladie auto-immune, selon l’INSERM. La perte d’autonomie liée à des troubles sensoriels ou moteurs impacte aussi le moral. Certaines personnes racontent ne plus pouvoir conduire la nuit à cause de leur vue ou ressentent une instabilité qu’elles souhaitent corriger par des activités comme le yoga ou l’installation de barres d’appui dans leur logement.

Les difficultés économiques et professionnelles

De nombreux seniors ont consacré leur vie à aider leur famille, au prix de leur propre épargne. Une personne témoigne :

« Certains d’entre nous ont passé tellement d’années à s’occuper de leurs aînés que nous n’avons pas d’économies pour la retraite ; nous avons du mal à joindre les deux bouts. »

Les difficultés se font aussi sentir sur le marché du travail. L’âgisme complique leur recherche d’emploi :

« Le marché est déjà catastrophique, mais être âgé le rend encore plus difficile. Nous sommes en concurrence avec des jeunes que les entreprises peuvent payer moins cher. »

La transition numérique est une autre source d’angoisse. Un septuagénaire exprime son inquiétude face à la digitalisation des démarches :

« Mes informations de sécurité sociale, ma pension et mes données médicales ne sont accessibles que par Internet. Or, ce n’est pas sûr. Je reçois chaque mois des notifications de sites piratés. Je suis furieux à chaque fois. »

Un isolement grandissant

Selon le baromètre 2025 des Petits Frères des Pauvres, environ 750 000 seniors vivent aujourd’hui en situation de « mort sociale ». Cela signifie qu’ils ont presque plus aucun contact avec leur famille, leurs amis, leurs voisins ou les associations. La solitude devient alors une réalité quotidienne :

« C’est vraiment difficile quand la famille vit loin et que tous vos amis proches sont décédés. Personne ne pense à nous appeler, même pendant les fêtes. »

Ce repli sur soi conduit souvent à un isolement encore plus profond. Une senior confie :

« Je ne sors plus comme avant. Je fais les courses toutes les deux semaines juste pour entretenir quelques relations sociales… c’est triste, non ? »

Enfin, ce sentiment d’invisibilité est aggravé par un regard condescendant de la société. Une femme âgée témoigne :

« Que les gens, des caissières aux médecins, m’appellent « chérie » ou « mon amour », ou me parlent comme si j’étais une enfant de 12 ans, c’est humiliant. »

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