Le coût de vieillir chez soi après 65 ans
De nombreuses personnes souhaitent continuer à vivre chez elles en vieillissant. Selon un sondage Ifop, 85 % des Français souhaitent finir leur vie à domicile. Les politiques publiques privilégient aussi cette option, considérée comme plus humaine et moins coûteuse que l’hébergement en établissement spécialisé, comme les Ehpad. Pourtant, les chiffres montrent que les dépenses liées au maintien à domicile augmentent régulièrement.
Selon le baromètre Retraite.com/Silver Alliance 2025, il faut en moyenne 1 291 € par mois pour vivre convenablement chez soi à partir de 65 ans, soit environ 15 487 € par an. Ce montant reste inférieur au coût moyen d’un Ehpad, qui est d’environ 2 310 € par mois. Cependant, cette moyenne ne reflète pas toute la complexité des coûts réels.
Les coûts selon l’âge
Entre 65 et 75 ans : un budget maîtrisé
Les personnes âgées de cette tranche d’âge restent souvent actives et autonomes. Leurs dépenses mensuelles varient entre 313 € et 1 052 €. La mutuelle santé représente une part importante de ces coûts, avec une augmentation régulière des cotisations. Les aides à domicile, bien que limitées, connaissent aussi une légère hausse (+5,8 %). Même si le budget reste relativement faible, ces dépenses témoignent d’un début de besoin croissant en services.
De 75 à 85 ans : une hausse des dépenses
Après 75 ans, les coûts mensuels peuvent atteindre entre 531 € et 1 395 €. La santé devient le poste principal de dépenses, avec des mutuelles en augmentation. Le dispositif « 100 % santé » permet de couvrir partiellement certains frais, notamment pour l’audition. La sédentarité accrue entraîne toutefois une augmentation des services à domicile, comme l’aide au ménage, les accompagnements personnalisés ou la livraison de repas. Les équipements médicaux et de confort, tels que les cannes ou les fauteuils, voient aussi leurs prix augmenter.
Au-delà de 85 ans : la dépendance s’intensifie
Après 85 ans, le budget nécessaire explose, oscillant entre 1 275 € et 3 205 € par mois. La dépendance devient une problématique majeure, nécessitant des services à domicile, des garde de nuit ou des soins d’accompagnement. Les mutuelles restent coûteuses, avec une hausse d’environ 7,37 %. Certaines aides, comme MaPrimeAdapt’ ou le dispositif « 100 % santé », permettent toutefois de limiter les coûts pour l’équipement, notamment pour les prothèses auditives ou l’aménagement de salles de bains.
Un défi économique et social
Les retraites face aux besoins croissants
Le baromètre Retraite.com/Silver Alliance indique un budget moyen de 1 291 € par mois pour les retraités. Cependant, la pension moyenne en France est de 1 541 € nets. La majorité des seniors estime qu’il leur manque en moyenne 531 € pour vivre confortablement. Cette situation met en évidence la difficulté à financer un maintien à domicile adapté et digne.
Une hausse continue des coûts
Les dépenses liées au vieillissement ont augmenté de 25 % en cinq ans, en raison de crises successives comme la pandémie de Covid-19, la guerre en Ukraine, la hausse des matières premières et de l’énergie. Bien que l’augmentation annuelle ait été limitée à 2,4 % en 2025, cette tendance de fond alarme. Vivre chez soi devient de plus en plus difficile à financer pour de nombreux seniors, malgré l’existence d’aides.
Les enjeux futurs : logement et emploi
Face à un « tsunami démographique » prévu, avec 20 millions de Français âgés de 60 ans et plus en 2030, il est urgent d’agir. La Fédération des établissements publics médico-sociaux (Fepem) estime qu’il faudra créer plus de 150 000 emplois pour répondre aux besoins. L’Institut général d’audit social (Igas) recommande aussi de construire 100 000 logements en résidences autonomie d’ici 2030, tout en réhabilitant le parc existant. Ces mesures visent à préparer un avenir où les seniors disposeront d’un cadre de vie plus adapté et accessible.








