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L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) a publié un bulletin en avril alertant sur les risques liés à l’utilisation des teintures capillaires. Selon elle, ces produits peuvent entraîner des effets indésirables parfois graves.

Une pratique courante mais risquée

Plus de 60 % des femmes européennes et jusqu’à 10 % des hommes se teignent les cheveux, notamment pour changer de look ou masquer des cheveux blancs, d’après la Commission européenne. Cependant, l’Anses souligne que cette pratique n’est pas sans danger. Elle rapporte que des allergies et des irritations cutanées, parfois graves, ont été observées suite à l’utilisation de ces produits.

Les chiffres de la cosmétovigilance

Entre 2019 et 2025, le dispositif de cosmétovigilance a recensé 124 déclarations d’effets indésirables liés aux produits de coloration capillaire et décolorants, représentant 6 % de l’ensemble des signalements. La majorité de ces cas concernent des colorations permanentes, appelées « oxydantes ».

Parmi ces signalements, 63 % ont été jugés graves, c’est-à-dire qu’ils ont entraîné une incapacité temporaire ou permanente ou une hospitalisation. Les colorations temporaires ou « non oxydantes » représentaient 9 % des cas, dont un tiers étaient aussi considérés comme graves.

Les substances incriminées

Les colorants oxydants et agents décolorants contenus dans ces teintures sont souvent en cause. Ces substances chimiques visent à modifier ou éclaircir la couleur des cheveux, mais elles peuvent provoquer des réactions allergiques ou des irritations. Les victimes ont souvent rapporté des sensations de brûlure, démangeaisons, rougeurs, œdèmes ou perte de cheveux. Certains ont également signalé des atteintes au visage, comme des gonflements ou des plaques rouges.

Dans les cas les plus graves, des personnes ont ressenti un gonflement de la gorge ou des difficultés respiratoires, signes d’une réaction allergique sévère pouvant mettre leur vie en danger.

Les recommandations de l’Anses

La réglementation européenne encadre strictement la composition des teintures capillaires. Les fabricants doivent s’assurer que tous les ingrédients ont été évalués pour leur sécurité avant la mise sur le marché. Certaines substances doivent également être clairement mentionnées sur l’emballage.

Pour limiter les risques, l’Anses recommande de suivre scrupuleusement les instructions d’utilisation, de ne pas coloration en cas d’irritation ou de réaction antérieure, et de conserver l’emballage pendant un mois après usage. En cas de réaction, il est conseillé de consulter un professionnel de santé ou de contacter un centre antipoison. En cas de symptômes graves, il faut appeler le 15.

Une vigilance accrue

Enfin, l’Anses invite les victimes à déclarer tout incident sur le portail dédié du ministère de la Santé. Ces signalements permettront de suivre l’évolution des risques liés à ces produits et d’éventuellement réévaluer la réglementation européenne.

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