Après 60 ans, beaucoup de Français surveillent chaque kilo en trop. Pourtant, le vrai danger peut être l’inverse : perdre du poids sans le vouloir. Les repères classiques d’indice de masse corporelle (IMC), compris entre 18,5 et 24,9 kg/m² à l’âge adulte, ne s’appliquent plus forcément aux personnes âgées. Entre la peur de grossir, une petite faim ou l’isolement, l’alimentation peut devenir un vrai casse-tête.
Selon le Dr Eric Kariger, gériatre, « à travers ce qu’il y a au bout de la fourchette, on peut améliorer sa santé ». Lors d’une conférence organisée par le Cias du Grand Langres et l’Asept Champagne-Ardenne, il explique que l’alimentation après 60 ans doit prendre en compte trois aspects : la santé, le plaisir et la convivialité. Ses conseils s’alignent avec ceux de la Haute Autorité de Santé (HAS) et du Programme National Nutrition Santé (PNNS) pour préserver la masse musculaire, osseuse et cérébrale, et maintenir un IMC protecteur grâce à une alimentation adaptée.
Une alimentation équilibrée pour préserver santé, plaisir et convivialité
Le Dr Eric Kariger insiste sur l’importance de varier les repas pour soutenir ces trois dimensions. En effet, la dénutrition est fréquente chez les personnes âgées. Santé publique France rappelle que l’appétit et la perception du goût diminuent souvent avec l’âge, ce qui peut conduire à des repas trop légers. Le PNNS recommande donc trois repas par jour, éventuellement complétés par une collation, afin de maintenir énergie et plaisir.
Le repas doit aussi être un moment social. Partager la table permet de mieux couvrir ses besoins énergétiques et d’améliorer le moral. Par ailleurs, la sensation de soif tend à diminuer avec l’âge, comme le souligne Santé publique France. Il est conseillé de boire environ 1,5 litre d’eau par jour, un repère utilisé par l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation (Anses), pour éviter la fatigue, la constipation et les infections urinaires.
IMC après 60 ans : ce qu’il faut savoir
Le Dr Eric Kariger rappelle que la taille diminue avec l’âge, ce qui complique le calcul de l’IMC après 60 ans. Selon la HAS, un IMC compris entre 22 et 30 kg/m² serait associé à un meilleur pronostic chez les seniors. L’IMC moyen des plus de 65 ans tourne autour de 27 kg/m².
Pour le gériatre, un léger embonpoint n’est pas toujours problématique. En revanche, la perte de poids importante doit alerter. La HAS évoque la dénutrition, qui survient lorsqu’une personne perd au moins 5 % de son poids en un mois, ou 10 % en six mois, surtout si l’IMC descend en dessous de 22 kg/m² et que la force musculaire diminue. C’est ce qu’on appelle la sarcopénie.
Une alimentation adaptée pour rester actif
Les recommandations de l’Anses suggèrent une consommation d’environ 0,8 à 1 gramme de protéines par kilo de poids corporel et par jour chez l’adulte. La HAS recommande qu’après 60 ans, il serait préférable de se rapprocher d’1 g/kg, voire plus en cas de fragilité, sous avis médical. Cela passe par des repas riches en œufs, poissons, légumineuses ou produits laitiers, accompagnés de féculents, légumes colorés, un peu d’huile riche en oméga-3 et une activité physique régulière.








