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Chaque année, environ 7 millions de Français prennent des benzodiazépines pour réduire leur anxiété ou pour dormir. Ces médicaments restent couramment utilisés en pharmacie, car ils sont considérés comme efficaces et faciles d’accès.

Pour les personnes de plus de 65 ans, cependant, leur utilisation n’est pas sans risques. Avec l’âge, le cerveau vieillit, l’organisme élimine moins bien ces substances, ce qui augmente le danger de troubles cognitifs tels que des pertes de mémoire, des problèmes d’attention ou des confusions. La question qui se pose est : ces médicaments peuvent-ils, à force, causer des dégradations durables des capacités mentales ?

Les autorités sanitaires ne parlent pas d’interdiction immédiate, mais recommandent une plus grande prudence. Selon l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), en 2012, 11,5 millions de personnes en France avaient reçu au moins une benzodiazépine, dont 7 millions avaient utilisé un anxiolytique. Plusieurs études ont montré qu’une utilisation prolongée chez les seniors pourrait augmenter le risque de démence d’environ 50 %. Toutefois, il n’est pas toujours clair si ce risque est directement causé par le médicament ou s’il reflète simplement des troubles liés à l’anxiété ou à l’insomnie liés au vieillissement.

Que sont exactement ces benzodiazépines ?

Les benzodiazépines regroupent une classe de médicaments psychotropes utilisés pour traiter l’anxiété (anxiolytiques) ou les troubles du sommeil (hypnotiques). Parmi eux, on trouve des molécules comme l’alprazolam, le bromazépam, ou encore le zolpidem. En France, leur utilisation reste très répandue : en 2012, 11,5 millions de personnes en avaient déjà consommé, et selon Le Monde, plus de 9 millions en 2023. Chez les plus de 65 ans, environ 23 % continuent à recevoir une prescription en 2022, selon l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé.

Quels troubles cognitifs liés à la consommation de benzodiazépines après 65 ans ?

Les personnes âgées éliminent plus lentement ces médicaments, surtout si elles prennent aussi d’autres traitements. Selon l’Assurance Maladie, une prise prolongée au-delà de 12 semaines peut entraîner des effets indésirables comme la somnolence, les chutes, les accidents ou encore des troubles de la mémoire. Ces troubles cognitifs liés aux benzodiazépines deviennent donc une préoccupation importante pour les médecins.

En pratique, les signes peuvent inclure des difficultés à mémoriser de nouvelles informations, une sensation de tête dans le coton, ou une désorientation passagère, surtout le matin ou la nuit. Ces effets augmentent le risque de chute et de perte d’autonomie. Certains symptômes doivent conduire à consulter rapidement un médecin :

  • oubli inhabituel de rendez-vous ou de tâches simples ;
  • confusion sur le lieu ou la date après la prise du médicament.

Que faire si l’on doit continuer un traitement prolongé après 65 ans ?

Selon l’étude PAQUID menée par l’Inserm, la consommation prolongée de benzodiazépines chez les seniors est associée à un risque accru de démence d’environ 50 %. Le Centre belge d’information pharmacothérapeutique précise cependant que ces résultats sont uniquement observationnels et ne prouvent pas que ces médicaments provoquent directement la maladie d’Alzheimer.

La Haute Autorité de Santé rappelle que seules 10 à 20 % des cas d’insomnie relèvent d’un véritable trouble médical. De plus, l’efficacité des benzodiazépines diminue souvent au-delà de 28 jours d’utilisation. En cas de traitement chronique, il est essentiel de réduire progressivement la dose, sous supervision médicale. Par ailleurs, il est conseillé de privilégier l’hygiène du sommeil ou des thérapies cognitivo-comportementales pour traiter ces troubles.

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