SHARE

À partir de 50 ans, de nombreux hommes constatent des changements dans leur corps, même s’ils continuent à faire du sport comme avant. Ils ont moins de muscles, prennent du ventre et ressentent une fatigue persistante. Le 7 juillet 2025, une vidéo devenue virale met en garde : malgré des efforts à la salle de sport, certains ne voient pas de résultats. Ils accumulent de la graisse et ont du mal à gagner du muscle. Le nutritionniste espagnol Luis Gil explique que cela pourrait être lié à un problème hormonal, notamment l’andropause.

Ce phénomène est aussi appelé déficit androgénique lié à l’âge (DALA) ou hypogonadisme masculin lié à l’âge (HMLA). Il correspond à une baisse progressive de la testostérone pouvant débuter dès la cinquantaine. Ses symptômes incluent fatigue, baisse de libido, dysfonction érectile, perte de muscle et accumulation de graisse abdominale. Toutefois, ces signes peuvent aussi avoir d’autres causes. La question essentielle est donc : comment distinguer une simple usure liée au mode de vie d’un véritable déficit hormonal nécessitant un diagnostic médical ?

Andropause et baisse de testostérone : ce qui se passe réellement

Au sens strict, l’andropause désigne une situation où le taux de testostérone est trop faible. Sur le plan biologique, la production de cette hormone par les cellules de Leydig dans les testicules est contrôlée par l’hypophyse via les hormones LH et FSH. Avec l’âge, cet axe de régulation fonctionne moins bien. Par ailleurs, la concentration de la protéine SHBG (Sex Hormone Binding Globulin) dans le sang augmente. Cette protéine se lie à la testostérone, rendant une partie de cette hormone inactive. Par conséquent, même si le taux total de testostérone semble normal ou limite, la fraction « libre » — celle qui agit réellement sur le corps — peut être insuffisante.

Quels symptômes doivent alerter après 50 ans ?

Les symptômes liés à une baisse de testostérone touchent souvent la sphère sexuelle. Les urologues soulignent comme signaux d’alerte une baisse durable de libido, une dysfonction érectile qui s’installe progressivement et la diminution des érections nocturnes ou matinales. Si ces troubles persistent plusieurs mois et s’accompagnent d’une baisse du plaisir ou d’orgasmes moins satisfaisants, cela peut indiquer un déficit androgénique. D’autres causes, comme des problèmes vasculaires ou psychologiques, doivent aussi être envisagées.

Le corps et l’humeur peuvent aussi être affectés : fatigue inhabituelle, baisse d’énergie, difficulté à prendre du muscle malgré l’entraînement, douleurs diffuses, irritabilité ou humeur maussade. Luis Gil résume que dès 40 ans, la testostérone chute rapidement, impactant l’énergie, la capacité à brûler les graisses et la masse musculaire. La prise de ventre peut aussi signaler un syndrome métabolique, avec obésité abdominale, hypertension ou prédiabète. Ressentir ces signes ne suffit pas pour diagnostiquer l’andropause, mais c’est un motif pour consulter un médecin.

Que faire si l’on présente ces signes ?

Le médecin généraliste commence par un interrogatoire précis, parfois aidé d’un questionnaire comme l’ADAM. Il recherche d’autres causes possibles : apnées du sommeil, dépression, hypothyroïdie ou effets secondaires de médicaments. Le diagnostic repose ensuite sur des analyses de sang, avec au moins deux dosages matinaux de testostérone totale. Selon les cas, des examens complémentaires (testostérone libre, SHBG, LH, FSH, glycémie, bilan lipidique) sont réalisés pour évaluer l’état global de santé.

Avant d’envisager une thérapie de substitution par testostérone, strictement encadrée par des spécialistes en urologie ou endocrinologie, il est essentiel d’adopter une bonne hygiène de vie. Luis Gil recommande notamment :

  • Un renforcement musculaire régulier adapté à l’âge ;
  • Une consommation de protéines de qualité répartie dans la journée ;
  • Réduire l’alcool, les sodas et les aliments ultra-transformés ;
  • Améliorer la sommeil, gérer le stress et surveiller le tour de taille.

Lorsque le déficit en testostérone est avéré et qu’il perturbe fortement la vie quotidienne, un traitement hormonal peut être envisagé. Cependant, il doit être prescrit et suivi par des spécialistes, en tenant compte des risques liés à la prostate ou au cœur. La prise en charge doit être globale, pour faire la distinction entre un ralentissement naturel lié à l’âge et un véritable déficit hormonal nécessitant une intervention médicale.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here