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Ce qui se passe dans votre corps quand vous dormez vraiment 8 heures par nuit

D’après l’Institut national du sommeil et de la vigilance, la majorité des Français dorment entre 6h40 et 7 heures par nuit en semaine. Cela est inférieur aux huit heures recommandées par les médecins. Mais que se passe-t-il réellement dans le corps lorsque l’on parvient à dormir huit heures chaque nuit ?

Les bénéfices d’un sommeil complet

Chez une personne reposée, pendant la nuit, le cerveau diminue la « pression de sommeil » accumulée durant la journée. Il peut alors se consacrer à autre chose que maintenir l’organisme éveillé. « Avec un sommeil suffisant, le cerveau peut se concentrer pleinement sur les tâches et la résolution de problèmes, plutôt que de dépenser de l’énergie pour rester éveillé », explique Anupamjeet Sekhon, spécialiste en médecine familiale et du sommeil.

Le sommeil joue également un rôle essentiel dans la consolidation de la mémoire. Les informations de la journée sont triées, et les déchets métaboliques sont éliminés. Sur le plan émotionnel, « le sommeil régule les régions du cerveau responsables du traitement et de la réponse aux signaux émotionnels », précise la psychologue Liz Ross. Elle ajoute que l’amygdale et le cortex préfrontal communiquent mieux, ce qui réduit l’irritabilité.

Les effets positifs sur le corps

Une nuit complète influence aussi le fonctionnement hormonal. Anupamjeet Sekhon rappelle qu’un bon sommeil évite l’augmentation inutile de la ghréline, l’hormone qui stimule l’appétit, tout en maintenant un niveau normal de leptine, qui indique la satiété. Résultat : moins de fringales et de grignotages.

Sur le plan métabolique, « être bien reposé améliore le contrôle de la glycémie », indique Catherine Darley, experte du sommeil. La sensibilité à l’insuline se rétablit. Par ailleurs, le système immunitaire profite aussi de nuits régulières : « Un sommeil régulier aide le corps à mieux répondre aux maladies et à se rétablir plus rapidement », ajoute Liz Ross.

Une moyenne, pas une règle stricte

Il faut garder à l’esprit que la règle des huit heures n’est pas rigide. La plupart des adultes ont besoin de « 7 à 9 heures de sommeil » chaque nuit, mais ces besoins varient selon plusieurs facteurs. Liz Ross explique que les besoins ne sont pas identiques pour tout le monde et peuvent dépendre de l’âge, de la génétique, de la santé, du stress ou du rythme circadien. Certaines personnes fonctionnent très bien avec moins de 6 heures, d’autres nécessitent plus de 9.

Selon Liz Ross, « Le seul indicateur fiable d’un sommeil suffisant n’est pas une durée précise, mais le fait de se réveiller reposé, émotionnellement stable, et capable de bien fonctionner durant la journée ». Les « short sleepers » génétiques, qui dorment peu, seraient minoritaires, représentant moins de 5 % de la population, selon Anupamjeet Sekhon.

Comment déterminer votre besoin réel de sommeil ?

Pour beaucoup, la dette de sommeil peut brouiller les repères. Catherine Darley recommande un petit test à faire à la maison : se fixer une heure de réveil, puis prolonger le temps passé au lit de 15 minutes tous les quatre jours. L’objectif est de dormir jusqu’à ce que l’on se réveille naturellement, avant le réveil prévu. La durée de sommeil de la dernière nuit indique probablement votre besoin idéal.

Liz Ross souligne que « pour la majorité, dormir huit heures est bénéfique et non nocif ». En revanche, rester au lit longtemps alors que l’on est naturellement un court dormeur peut, selon Sekhon, entraîner de mauvaises habitudes de sommeil et des difficultés d’endormissement, pouvant conduire à de l’insomnie. L’essentiel est de trouver la durée qui permet de se réveiller reposé, plutôt que de viser un chiffre précis.

Conseils pour un sommeil de qualité

Pour bien dormir, il est important de respecter un horaire régulier de coucher et de lever, même le week-end. Il faut créer un environnement calme, sombre, bien aéré, et à une température modérée. Le lit doit être réservé au sommeil et non aux activités stimulantes comme le travail ou l’utilisation d’écrans.

Il est aussi conseillé de limiter l’exposition à la lumière bleue des écrans le soir, car cela perturbe la production de mélatonine. La consommation de caféine, de nicotine et d’alcool doit être évitée en fin de journée. L’alcool peut donner l’impression de faciliter l’endormissement, mais dégrade en réalité la qualité du sommeil.

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