Juliette Lailler, cofondatrice de Krème : « J’ai été élevée à Caen, à la crème normande, c’était sans doute un signe ! »
Par Lisa Vignoli
Le 23 mars 2026 à 07h00
Cofondatrice de Krème, la nouvelle marque en vogue en pharmacie, Juliette Lailler s’engage à allier sensorialité et technicité dans ses produits.
Une routine matinale et une vie de famille
Elle raconte passer ses réveils entre 8 heures et 8 h 30, mais cela va changer l’année prochaine lorsque son fils entrera à l’école.
Sa mission chez Krème
Son objectif principal est d’aligner les énergies et les talents de son équipe pour faire grandir la marque. Elle consacre environ 80 % de son temps à son équipe, un changement par rapport aux débuts de Krème, il y a cinq ans, où elle était plus impliquée dans la création.
Les succès de Krème
Depuis sa création, la marque connaît une croissance rapide. Elle double son chiffre d’affaires chaque année. Au cours des douze derniers mois, plus de 2 000 parapharmacies ont vendu au moins un produit Krème parmi 2 000 marques. La société mise sur une croissance forte en dermocosmétique en 2026.
Les origines de son engagement
Juliette Lailler a grandi à Caen, en Normandie, entourée de crème locale, ce qui lui semble être un signe. Issue d’une famille de pharmaciens, elle a été immergée très tôt dans le monde de la pharmacie. Lorsqu’il n’y avait pas de garderie le soir, ses parents attendaient avec des Stabilo pour qu’elle fasse du coloriage.
Son parcours académique et professionnel
Elle a intégré HEC Paris dès ses études, déjà motivée par le soin de la peau, un domaine qui mêle science, émotion et créativité. Elle a enrichi son expérience en travaillant chez de grands noms de la cosmétique, comme Vichy, Helena Rubinstein et Dior, où elle a appris l’attention au détail, un atout précieux dans sa carrière.
Une mentor inattendue
Elle confie ne pas avoir eu de mentor spécifique, mais elle s’appuie beaucoup sur sa partenaire, Marie Belile. Ingénieure de formation, elle fabriquait des moteurs d’avion chez Safran. En 2019, elle lui a confié son rêve d’innover dans la cosmétique, une décision qui a changé sa vie en lui permettant de suivre cette voie.
La confiance de ses clients
Les clientes ont été essentielles à la croissance de Krème. La marque a choisi de s’appuyer principalement sur leur confiance pour se développer, tout en comptant sur une équipe agile, capable de créer ce qui n’existait pas encore et de relever de nombreux défis.
Une philosophie d’indépendance
Pour Juliette Lailler, l’indépendance est une véritable chance. Contrairement à d’autres entreprises qui dépendent de fonds d’investissement ou de structures comme Bpifrance, Krème avance avec ses propres ressources. Elle souligne que cette autonomie permet d’agir rapidement et de gérer ses finances avec soin, en dépensant intelligemment ce qu’on a durement gagné.
Nos formules conjuguent bienfaits des probiotiques et vertus d’actifs biotech.
Juliette Lailler
Les obstacles rencontrés
Elle évoque notamment la difficulté de formuler des produits avec peu d’ingrédients. Les formules de Krème sont hyperallégées, ce qui est un succès, mais cela complique la formulation, car il est souvent plus facile d’ajouter des conservateurs ou des allergènes que d’en soustraire.
Les défis futurs
Krème souhaite s’étendre sur le marché européen et lancer un projet de recherche fondamentale. La marque veut produire ses propres probiotiques en collaborant avec un centre hospitalier, afin de remonter toute la chaîne, de la recherche à la fabrication. Ce projet est très stimulant intellectuellement.
Ce qu’elle veut transmettre
Juliette Lailler insiste sur l’importance de s’entourer de partenaires qui ne sont pas simplement des clones, mais des alter ego, des personnes avec qui partager la vision et la passion.
Son rapport à la déconnexion
Elle avoue passer peu de temps en mode déconnecté. Toutefois, depuis un an et demi, elle a appris à déconnecter le week-end pour vivre avec ses proches, notamment avec son enfant. Cela lui paraît essentiel pour équilibrer vie professionnelle et personnelle, bien que ce soit parfois déstabilisant au début.
Sa vision de l’influence
Pour elle, l’influence repose sur l’exemplarité. On ne peut réellement influencer les autres qu’en étant un modèle en soi.








