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Les câlins : un phénomène aux bienfaits scientifiques

Il est courant de ressentir que le cerveau « respire » lorsqu’une personne aimée vous fait un câlin après une journée difficile. Ce geste simple repose en réalité sur un mécanisme précis, où le toucher et la chaleur jouent un rôle important pour réduire le taux de cortisol, l’hormone du stress.

Une étude récente de l’Université Queen Mary de Londres montre que cette sensation de chaleur contribue à renforcer le sentiment d’appartenance au corps, à mieux gérer les émotions et à améliorer le bien-être mental. La Dre Laura Crucianelli, principal auteure de cette recherche parue dans la revue Trends in Cognitive Sciences, explique que la chaleur est un signal de protection que nous avons toujours connu, depuis nos premiers soins dans le ventre de notre mère jusqu’aux câlins de nos proches. Elle contribue à notre survie, mais aussi à notre confort.

Le câlin, un signal de sécurité pour le cerveau

La peau possède des fibres nerveuses appelées fibres C-tactiles, qui réagissent particulièrement aux caresses lentes et à une température tiède. Ces fibres envoient des signaux vers le cortex insulaire, une zone clé pour la conscience du corps. Ce circuit relie la peau au cerveau et aide à associer certaines sensations à des sentiments de sécurité, d’apaisement et de présence. La Dre Crucianelli précise que cette réaction permet de ressentir : « c’est mon corps, et je suis ancré dedans. »

Lorsqu’une personne vous serre dans ses bras, elle ne semble plus menaçante mais plutôt rassurante. Le toucher chaud rappelle que nous sommes connectés, valorisés, et que nous faisons partie d’un monde social. Les humains sont câblés pour rechercher la proximité, et les câlins brisent brièvement la frontière entre le « soi » et l’« autre ».

Les hormones et neurotransmetteurs impliqués

Un câlin déclenche dans le cerveau une production de substances chimiques qui favorisent le bien-être. L’ocytocine, appelée souvent hormone du lien, renforce l’attachement, la confiance et le sentiment d’être à sa place. La dopamine et les endorphines, quant à elles, apportent du plaisir, augmentent la motivation et atténuent la douleur, ce qui explique que recevoir un câlin peut aussi soulager physiquement.

Par ailleurs, cette activité chimique s’accompagne d’une baisse du cortisol et de l’activation du nerf vague, ce qui favorise un passage en mode repos. Concrètement, cela se traduit par :

  • Une diminution du rythme cardiaque et de la tension artérielle.
  • Un sentiment de calme et de détente émotionnelle.
  • Moins de stress perçu et de ruminations mentales.

Les résultats de l’étude montrent aussi que la durée du câlin n’est pas essentielle ; quelques secondes suffisent à activer ces circuits. La régularité des contacts semble, en revanche, avoir un impact plus important.

Le câlin, un rituel de réconfort au quotidien

Pratiquer plusieurs courts câlins chaque jour avec des proches, un enfant ou un ami peut renforcer le sentiment de sécurité dans le cerveau. Un câlin matinal, un geste avant un rendez-vous stressant ou simplement se blottir contre une personne de confiance contribuent à renforcer cette sensation d’être « chez soi » dans son corps.

Cependant, tout le monde n’apprécie pas le contact physique, notamment en raison d’une hypersensibilité ou d’un vécu traumatique. Certaines personnes préféreront des gestes plus discrets, comme serrer un coussin ou croiser les bras, qui envoient aussi au cerveau une information de limite et de sécurité.

Source : Shaping bodily self-awareness through thermosensory signals, Trends in Cognitive Sciences, décembre 2025.

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