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La ménopause est souvent une période difficile pour de nombreuses femmes, notamment en ce qui concerne le sommeil. Lors d’une récente publication sur Instagram, le professeur Pierre Philip, spécialiste du sommeil, explique pourquoi cette étape peut bouleverser le repos nocturne et donne des conseils pour y faire face.

Les mécanismes en jeu

Les troubles du sommeil liés à la ménopause se manifestent de différentes manières. Parmi les symptômes courants, le professeur Pierre Philip cite « des réveils nocturnes, un sommeil plus léger et fragmenté, une insomnie plus fréquente et une fatigue persistante au réveil ». Ces problèmes ne surviennent pas forcément au moment où les règles s’arrêtent. Selon lui, ils peuvent commencer « dès la préménopause » et durer après la fin des règles.

Les causes de ces troubles sont multiples. Le psychiatre explique que « les changements hormonaux et les bouffées de chaleur sont le facteur le plus souvent impliqué dans l’insomnie ». À cela s’ajoutent le stress, l’anxiété, voire des épisodes dépressifs, qui rendent l’endormissement plus difficile et les réveils nocturnes plus fréquents. Il souligne également un mécanisme moins connu : le vieillissement des horloges internes. Ces rythmes biologiques, qui régulent le sommeil et les hormones, se modifient avec l’âge, ce qui contribue au dérèglement du sommeil.

Ce qui peut aider

Plusieurs solutions existent pour améliorer la qualité du sommeil durant la ménopause. L’hormonothérapie à base d’œstrogènes et de progestérone est considérée comme l’un des traitements les plus efficaces pour réduire les bouffées de chaleur, améliorer le sommeil et limiter les réveils nocturnes. Cependant, le professeur Philip met en garde : « Les traitements hormonaux ne sont pas sans risques. Après plusieurs années, ils peuvent augmenter certains risques, comme ceux liés au cœur ou au cancer. La décision doit donc être prise en accord avec un médecin, de façon personnalisée. »

Lorsque l’hormonothérapie n’est pas une option ou que les symptômes persistent, d’autres solutions peuvent être envisagées. « Certains antidépresseurs peuvent réduire les bouffées de chaleur et l’insomnie », indique le spécialiste, précisant qu’ils sont parfois proposés en périménopause. Par ailleurs, la gynécologue Geneviève Plu-Bureau recommande également d’éviter le café, l’alcool et les aliments épicés le soir, et de porter des vêtements légers, de ne pas superposer plusieurs couches, tout en baissant la température de la chambre.

Un risque souvent méconnu

Un autre facteur à considérer est le risque plus élevé de syndrome d’apnées du sommeil à la ménopause. « Ce trouble, qui se caractérise par des pauses respiratoires durant la nuit, peut aggraver considérablement les problèmes de sommeil et la fatigue durant la journée », rappelle le professionnel de santé. Des modifications hormonales et la prise de poids peuvent favoriser ce phénomène. Parce que, face aux bouffées de chaleur, aux réveils nocturnes et aux apnées, il est important de consulter dès que le sommeil devient difficile. Mieux vaut agir que subir cette fatalité silencieuse. »

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