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Une nouvelle perspective sur la ménopause

La philosophe italienne Gloria Origgi propose une vision différente de la ménopause. Selon elle, cette étape peut être considérée comme une expérience de transformation plutôt qu’une fin. Elle explique que la ménopause dure généralement une dizaine d’années, incluant la période de périménopause. Au lieu de la voir uniquement comme un passage biologique, elle invite à réfléchir à ses aspects intimes et sociaux, ainsi qu’à sa signification existentielle.

Une question philosophique

Pour Gloria Origgi, la ménopause n’est pas une simple étape biologique. Elle s’inscrit dans un questionnement épistémologique, nourri par la science et la médecine. Elle insiste sur l’importance de reconnaître que cette transformation, qui concerne des aspects fondamentaux comme la puberté, la grossesse ou la maternité, est ancrée dans la biologie féminine, longtemps négligée par la médecine. Elle invite à aborder cette étape comme une expérience de changement susceptible d’apporter quelque chose de nouveau à la personne.

L’identité en mutation

Elle cite Michel Foucault, qui disait que l’identité se construit à travers la transformation. Selon elle, la ménopause peut ouvrir à de nouvelles perspectives, plutôt que réduire la femme à une image de vieillesse. Elle souligne qu’il ne faut pas confondre ménopause et vieillesse. En réalité, une femme peut avoir une ménopause à 50 ans sans se sentir vieille, surtout sachant que l’espérance de vie après cette étape est en moyenne de 30 ans. La société tend à vouloir faire croire que la femme doit rester éternellement jeune et performante, ce qui n’est pas la réalité.

Les enjeux sociaux et médicaux

Les femmes dans la quarantaine commencent à s’interroger sur la périménopause et ses troubles. Depuis quelques années, des sociologues et anthropologues ont permis de rendre ce sujet plus visible. Cependant, cette prise de conscience a aussi fait apparaître des inquiétudes légitimes, car peu de médecins connaissent bien ces problématiques. Gloria Origgi rappelle que cette période peut être libératrice. Elle insiste aussi sur le fait que la ménopause n’est pas synonyme de déclin, mais plutôt d’un changement de vie.

Une histoire de silence et de liberté

Le mot grec « Katamênia » désignait les menstruations, qui ont longtemps été vécues dans le secret et le tabou. La ménopause a subi le même sort. La ministre de la Santé française Stéphanie Rist a tenté d’en parler à l’Assemblée nationale en 2025. En Italie, pays d’origine de l’auteure, l’ostéoporose est un problème majeur chez les femmes ménopausées, souvent mal pris en charge. Gloria Origgi souhaite briser ce silence, cette honte. Elle voit dans cette étape une opportunité de liberté, permettant par exemple à une femme de vivre une relation sans l’obsession de faire famille, ou d’affirmer sa propre identité.

Une redéfinition du rôle de la femme

La question centrale reste : qui suis-je quand je ne peux plus avoir d’enfants ? La ménopause place la femme face à la fonction biologique de conception, mais elle peut aussi la conduire à une réflexion plus profonde sur le temps, la vie et sa gestion. Selon Origgi, cette étape peut renforcer la capacité à se réinventer, à mieux connaître ses désirs et ses projets. Elle offre également une leçon précieuse aux hommes sur ce que peut libérer une étape de la vie où l’on apprend à mieux se connaître.

Ce livre, « Philosophie de la ménopause » de Gloria Origgi, publié aux Éditions Flammarion, fait 256 pages et coûte 14,90 €.

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