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Pourquoi le stress devient-il plus difficile à gérer avec l’âge ?

De nombreuses personnes constatent qu’avec l’âge, il devient plus difficile de faire face aux imprévus. Pourtant, ce n’est pas une fatalité biologique selon le Pr Bertrand Fougère, spécialiste du vieillissement. Il explique que cette sensation de surcharge n’est pas liée à une faiblesse physique, mais plutôt à des changements dans notre organisation et notre perception.

Une perception erronée du déclin

Il est courant de penser que, en vieillissant, on devient plus fragile et plus anxieux. Par exemple, ce qui semblait simple à 40 ans, comme organiser un repas de famille ou gérer les activités des enfants, peut sembler insurmontable aujourd’hui. Pourtant, cette impression ne reflète pas une diminution de nos capacités. Selon le Pr Fougère, personne ne devient nécessairement plus stressée avec l’âge. Si tel était le cas, les personnes âgées seraient toutes déprimées ou anxieuses, ce qui n’est pas le cas.

Une réaction aux changements de contexte

Le sentiment d’être dépassé ne provient pas d’une fragilité biologique, mais d’une modification dans notre gestion du quotidien. Notre cerveau s’adapte généralement à une charge mentale constante. Lorsqu’on mène une vie plus calme, un événement imprévu peut alors prendre une place disproportionnée. Ce n’est plus une tâche parmi d’autres, mais l’événement principal de la journée. Le stress n’est donc pas dû à une faiblesse, mais à une organisation plus rigide, qui devient plus sensible aux perturbations.

Transformer les pertes en opportunités

Pour bien vieillir, il est essentiel d’apprendre à voir les changements comme des opportunités. La fin de la carrière ou le départ des enfants ne sont pas uniquement des pertes, mais aussi des espaces à remplir autrement. Le Pr Fougère souligne que vieillir, c’est réussir. S’adapter à ces nouvelles situations en créant de nouvelles activités permet de continuer à évoluer. Rester en mouvement, physiquement et socialement, est clé pour préserver sa flexibilité mentale.

Préparer et anticiper les transitions

Se préparer à des étapes importantes comme la retraite ou la fin de la parentalité facilite cette adaptation. Il est conseillé de se projeter dans de nouveaux projets, comme le bénévolat, le sport ou l’écriture, avant que le vide ne se fasse sentir. Cela permet de ne pas subir ces changements, mais de les investir pleinement. Il faut aussi apprendre à écouter son corps et à respecter son nouveau rythme. Si la récupération est plus longue, il faut simplement ajuster son mode de vie, car, comme le rappelle le Pr Fougère, nous devons adapter notre vie à nos capacités tout au long de notre existence.

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