Vous avez souvent du mal à vous endormir, les yeux grands ouverts dans le noir, en pensant que c’est simplement lié à l’âge. Une nouvelle étude suggère qu’un détail précis de ces nuits agitées pourrait être lié à un risque accru de démence.
Publiés dans la revue Alzheimer’s and Dementia, des chercheurs ont étudié 128 personnes âgées de plus de 70 ans. Ils ont découvert que celles qui mettent beaucoup de temps à atteindre le sommeil paradoxal, la phase où les rêves sont les plus nombreux, présentent plus de signes biologiques associés à la maladie d’Alzheimer. Ce trouble du sommeil serait en réalité plus fréquent qu’on ne le pensait.
Le sommeil paradoxal, un moment clé pour la mémoire
Le sommeil paradoxal apparaît après plusieurs cycles de sommeil. C’est durant cette phase que l’activité cérébrale est la plus proche de celle de l’éveil, et que les rêves sont les plus intenses. Selon Yue Leng, ce retard dans l’arrivée du sommeil paradoxal peut perturber la capacité du cerveau à consolider les souvenirs. Cela affecte aussi les processus liés à l’apprentissage et à la mémoire.
Un retard dans le rêve : un signal d’alerte pour Alzheimer
Dans l’étude, les chercheurs ont observé le sommeil de 128 volontaires de plus de 70 ans en clinique. Ils ont enregistré leur activité cérébrale, leur respiration et leur rythme cardiaque. Parmi eux, un tiers avait des troubles cognitifs légers, la moitié était diagnostiquée avec la maladie d’Alzheimer, et le reste avait une cognition normale.
Les participants ont été classés selon le temps qu’ils mettaient pour atteindre le sommeil paradoxal : certains y accédaient en moins de 98 minutes, d’autres prenaient plus de 198 minutes. Ceux qui mettaient plus de temps présentaient 16 % de protéines amyloïdes en plus et 29 % de protéines tau supplémentaires. Ils avaient aussi moins de protéines protectrices pour le cerveau. Yue Leng explique que si cette phase est insuffisante ou retardée, cela peut augmenter le cortisol, une hormone du stress, qui peut endommager l’hippocampe, une zone essentielle pour la mémoire.
Les troubles du sommeil qui perturbent le sommeil paradoxal
Ce retard dans l’accès au sommeil paradoxal est souvent dû à des troubles courants. La neurologue Dantao Peng rappelle que l’apnée du sommeil ou une consommation excessive d’alcool peuvent perturber le cycle de sommeil. L’insomnie chronique, ainsi que certains médicaments comme les antidépresseurs ou sédatifs, peuvent également réduire cette phase de rêve.
Il est conseillé aux personnes prenant certains antidépresseurs ou sédatifs, qui peuvent diminuer le sommeil paradoxal, d’en parler à leur médecin si elles s’inquiètent pour leur santé cognitive. Yue Leng souligne que les recherches futures devront étudier comment certains médicaments influencent les rythmes du sommeil et leur impact sur l’évolution de la maladie d’Alzheimer.








