Un traitement anti-âge controversé à base de sperme de saumon
Depuis quelques semaines, un nouveau traitement anti-âge fait le buzz sur TikTok et dans certains cabinets de dermatologie. Il s’agit d’un soin à base d’extrait d’ADN de sperme de saumon, connu sous le nom de Rejuran. Présenté comme une solution miracle contre les rides, il suscite à la fois fascination et méfiance.
Ce traitement consiste à réaliser près de 700 micro-injections sur le visage. Il est particulièrement cher, avec un coût compris entre 600 et 1 000 euros par séance. Favorisé par certaines célébrités et salué par une dermatologue américaine, il est aussi fortement critiqué par le docteur Michel Cymes.
Le procédé et la popularité croissante
Le soin se pratique en cabinet esthétique. L’extrait d’ADN de saumon est injecté à l’aide de fines aiguilles sur l’ensemble du visage. Ce processus implique un grand nombre de piqûres, provoquant souvent un visage gonflé et des petites papules qui peuvent durer plusieurs heures. Ce traitement est considéré comme non invasif, mais il est aussi parmi les plus douloureux.
Ce phénomène s’inscrit dans la tendance K-beauty, qui pousse de nombreux touristes à se rendre à Séoul pour des soins esthétiques. Sur TikTok, le hashtag #kbeauty cumule près de 3,2 milliards de vues. Par ailleurs, les recherches Google sur le terme « sperme de saumon » ont augmenté de 5 000 %. Des stars comme Kim Kardashian ou Jennifer Aniston seraient aussi adepte de ces injections.
Les promesses et la réalité du PDRN
Selon la dermatologue Claire Chang, interviewée par le magazine américain Marie Claire, le Rejuran aurait des propriétés régénératrices et cicatrisantes. Elle évoque notamment la stimulation de la production de collagène, la réduction de l’inflammation, ainsi que l’amélioration de la pigmentation et de l’hydratation de la peau. Ces déclarations renforcent l’image d’un produit presque miraculeux.
Les cliniques qui proposent ce traitement mettent en avant des études internes, affirmant par exemple une amélioration de 75 % de la texture de la peau après trois séances. Présenté comme une alternative plus naturelle à l’acide hyaluronique, ce soin reste une injection coûteuse, réalisée avec un produit hautement transformé. Son efficacité réelle demeure encore incertaine.
Michel Cymes met en garde contre les risques
Face à cet engouement, le docteur Michel Cymes adopte un ton prudent. Sur les réseaux sociaux, il souligne qu’aucune étude sérieuse ne prouve que l’ADN de saumon ou d’autres animaux améliore réellement la peau. Selon lui, ces arguments relèvent surtout du marketing, et non de la médecine.
Il met en garde contre les risques liés à l’injection de substances animales : allergies, infections ou réactions inflammatoires peuvent survenir. Il rappelle également que ces effets secondaires sont souvent ignorés par ceux qui promeuvent cette tendance.
Pour le médecin, il est préférable de consulter un dermatologue et d’opter pour des solutions mieux étudiées, comme l’acide hyaluronique ou le rétinol, plutôt que de céder à une mode virale sans preuves solides.








