Une étude récente montre que deux tests d’équilibre, réalisés en quelques secondes, peuvent aider à repérer les personnes à risque de chute après 60 ans. Ces tests, simples à faire chez soi, ne sont pas des diagnostics définitifs, mais peuvent donner des indications importantes.
Souvent, nous réalisons des gestes quotidiens comme se lever pour prendre un verre, mettre ses chaussons ou descendre quelques marches, sans y prêter attention. Pourtant, avec l’âge, la perte d’équilibre peut devenir un problème sérieux, affectant la mobilité et l’autonomie.
Des chercheurs de l’Université de São Paulo, au Brésil, ont voulu savoir si quelques secondes passées dans certaines positions pouvaient permettre d’identifier plus facilement les personnes à risque de chute. Leur étude, publiée en 2024 dans la revue BMC Geriatrics, a suivi 153 adultes âgés de 60 à 89 ans pendant six mois.
Les positions d’équilibre à surveiller
Les chercheurs ont testé quatre positions debout : pieds côte à côte, semi-tandem, tandem, et équilibre sur une seule jambe. Chaque position pouvait être maintenue jusqu’à 30 secondes. Pendant l’épreuve, une plateforme de force mesurait les oscillations du corps.
Deux positions se sont révélées particulièrement utiles pour prédire les chutes :
- La position tandem : un pied placé devant l’autre, talon contre pointe.
- La position unipodale : rester debout sur une seule jambe.
Ces positions ont une base d’appui plus petite et sollicitent davantage l’équilibre que de rester simplement debout avec les deux pieds écartés.
Chaque seconde compte
Les participants qui ont chuté dans les six mois suivants tenaient en moyenne 10,4 secondes sur une seule jambe, et 17,5 secondes en position tandem. Ceux qui n’ont pas chuté maintenaient en moyenne 17,2 secondes et 24,8 secondes respectivement.
Après analyse, les chercheurs ont déterminé que chaque seconde supplémentaire passée dans ces positions était liée à une réduction d’environ 5 % du risque de chute dans les six mois à venir. Cependant, cela ne veut pas dire qu’il faut absolument atteindre 23 secondes pour être en sécurité. De nombreux autres facteurs, comme la force musculaire, la vision ou certains traitements, jouent aussi un rôle.
Prolonger l’observation pour mieux détecter
Le test d’équilibre classique en clinique consiste à maintenir quatre positions jusqu’à 10 secondes chacune. Les chercheurs brésiliens suggèrent de rallonger cette durée à environ 23 secondes ou plus, pour mieux repérer certains faiblesse encore discrètes. Ce chiffre n’est pas une limite stricte, mais une indication pour mieux évaluer le risque.
Il faut garder à l’esprit que le risque de chute dépend de plusieurs éléments. L’âge, la santé, les traitements, la vision, et la façon dont on marche ou se tient peuvent tous influencer la probabilité de tomber.
Peut-on faire ce test soi-même à la maison ?
Il est possible de tester son équilibre à domicile, mais avec prudence. Il est important de ne pas tenter de rester en position plus longtemps que l’on peut sans risquer de tomber.
Pour essayer, il faut se placer près d’un plan de travail solide ou d’un dossier de chaise stable, et idéalement être accompagné. Si on se sent instable ou si on ressent des vertiges, il vaut mieux arrêter immédiatement. Les personnes ayant déjà chuté récemment, souffrant de vertiges, ou ayant des difficultés à marcher devraient consulter un professionnel de santé pour une évaluation.
Un mauvais résultat n’est pas un diagnostic
Tenir moins longtemps que la moyenne ne signifie pas forcément qu’on va tomber. Inversement, rester 30 secondes sur une jambe ne garantit pas une protection contre la chute. Les chutes sont souvent liées à plusieurs facteurs : faiblesse musculaire, médicaments, troubles visuels, environnement mal adapté, ou chaussures inappropriées.
Pour cela, d’autres outils d’évaluation existent, comme le test de lever de chaise ou le Timed Up and Go. Ces méthodes aident à mieux cerner le risque de chute.
Que faire si l’équilibre se dégrade ?
Si un résultat récent est moins bon ou si des chutes ou une peur de tomber apparaissent, il est conseillé d’en parler à un médecin ou un kinésithérapeute. Plusieurs actions peuvent alors être envisagées :
- Pratiquer régulièrement des exercices pour renforcer l’équilibre et la musculature ;
- Faire vérifier sa vision ;
- Revoir ses médicaments si certains peuvent provoquer vertiges ou somnolence ;
- Sécuriser son logement en évitant tapis glissants, escaliers ou passages dangereux ;
- Porter des chaussures offrant un bon maintien ;
- Rester actif dans la mesure de ses capacités.
Pleine Vie propose aussi des exercices simples pour entretenir son équilibre et sa stabilité après 60 ans.
Prévenir, plutôt que subir
Une chute peut entraîner plus qu’une blessure. Après un accident, certaines personnes perdent confiance en elles, réduisent leurs déplacements, ce qui peut entraîner une faiblesse musculaire croissante et augmenter le risque de nouvelle chute.
Les tests simples d’équilibre permettent de repérer tôt une fragilité et d’agir rapidement. Ils ne remplacent pas une consultation médicale, mais attirent l’attention sur des changements qui méritent d’être examinés.
Quelques secondes d’évaluation suffisent pour obtenir une information utile, à condition de ne pas faire du chronomètre une source de stress ou un verdict définitif. La prévention des chutes repose surtout sur une démarche globale : activité physique régulière, environnement sécurisé et suivi médical adapté.
En résumé
- Une étude menée par l’Université de São Paulo a évalué 153 adultes de 60 à 89 ans pour estimer leur risque de chute.
- Les positions tandem et unipodale sont efficaces pour prédire les chutes, chaque seconde supplémentaire réduisant le risque de 5 %.
- Il est possible de tester son équilibre chez soi, mais avec prudence pour éviter tout risque de chute.








