Près d’un quart des Français se sentent seuls, un phénomène qui varie selon les territoires
Selon une étude de la Fondation de France publiée à l’occasion de la journée mondiale des solitudes, 24 % des Français déclarent ressentir la solitude. Si ce phénomène concerne toutes les zones, les dynamiques diffèrent entre la ville et la campagne.
Différence entre solitude et isolement
La fondation distingue deux notions : la solitude, qui est un ressenti subjectif de manque ou d’insatisfaction dans ses relations sociales, et l’isolement, qui correspond à une situation concrète où une personne est physiquement coupée des autres. Il est possible d’être seul sans se sentir isolé, ou entouré sans pour autant ressentir de solitude.
Une solitude plus marquée en ville, un isolement plus fréquent en zone rurale
En milieu urbain, 28 % des habitants de grandes villes de plus de 100 000 habitants éprouvent un sentiment de solitude, contre 21 % en zone rurale. En revanche, l’isolement relationnel est plus élevé dans les campagnes, où 14 % des habitants sont considérés comme isolés, contre 9 % dans les grandes villes comme Paris.
En 2025, les réseaux sociaux de sociabilité les plus utilisés par les Français sont les amis (58 %) et les voisins (54 %), devant la famille (52 %). La Fondation note également que les liens familiaux sont plus forts dans le nord de la France, avec 61 % de relations familiales entretenues, contre 48 % dans le sud.
Les populations les plus vulnérables
Les personnes en situation de précarité sont davantage touchées par l’isolement. 16 % des Français aux revenus modestes sont isolés, soit trois fois plus que ceux avec des ressources plus élevées. Le taux d’isolement chez les chômeurs atteint 20 %, contre 7 % chez les actifs occupés. Par ailleurs, 45 % des sans-emploi déclarent se sentir seuls, contre 25 % des personnes en emploi.
Les personnes fragilisées par leur santé sont aussi plus vulnérables, avec 30 % d’entre elles concernées par l’isolement.
Le rôle des associations et commerces de proximité
L’étude souligne l’impact positif des associations, qui jouent un rôle clé dans la sociabilité des personnes seules ou isolées. L’engagement bénévole est notamment présenté comme un levier efficace pour lutter contre la solitude, en renforçant l’estime de soi et le sentiment d’utilité.
Les petits commerces en ville contribuent également à rompre l’isolement. Lors des 12 derniers mois, 23 % des habitants de grandes agglomérations ont échangé avec des commerçants sur des sujets personnels, favorisant ainsi le contact humain dans leur quotidien.








