Lorsqu’une personne prend sa retraite, elle oublie souvent le stress lié à son emploi, comme le réveil à 6 heures, les échéances professionnelles ou l’angoisse du dimanche soir. Cependant, beaucoup de retraités qui espéraient profiter de nuits longues et paisibles rencontrent une nouvelle difficulté : l’insomnie ou les réveils nocturnes.
Ce phénomène surprend ceux qui viennent de quitter leur vie active. Selon le Dr Eric Zhou, professeur de psychiatrie à la Harvard Medical School et spécialiste du sommeil, plusieurs facteurs expliquent pourquoi le sommeil peut devenir plus difficile après 60 ans, même si le stress professionnel a disparu.
Pourquoi la retraite peut perturber le sommeil
Le premier facteur est lié au vieillissement. Certaines pathologies du sommeil deviennent plus fréquentes avec l’âge. Le Dr Zhou rappelle que « à mesure que nous vieillissons, les troubles du sommeil comme l’apnée obstructive ou le syndrome des jambes sans repos augmentent ». D’autres problèmes de santé peuvent également apparaître avec le temps. Lorsqu’une personne atteint l’âge de la retraite, il est probable qu’elle doive faire face à davantage de soucis médicaux pouvant nuire à la qualité de son sommeil.
Mais une cause souvent méconnue n’est pas d’ordre médical. Elle concerne l’organisation quotidienne. Pendant des décennies, le travail imposait une heure de réveil fixe et un rythme stable. À la retraite, cette structure disparaît. Selon l’expert, la journée d’un retraité est beaucoup moins cadrée, car il n’est plus obligé de se réveiller à une heure précise pour aller travailler. Cela peut altérer son rythme de sommeil.
En conséquence, certains retraités font plus de siestes, se couchent plus tôt ou restent au lit plus longtemps le matin. Une habitude qui peut, au final, favoriser l’insomnie. Le Dr Zhou insiste : « La combinaison d’horaires de sommeil irréguliers et d’un temps passé au lit excessif peut entraîner des symptômes d’insomnie. »
Les habitudes pour mieux dormir
Pour améliorer la qualité du sommeil, le spécialiste recommande d’abord de faire un bilan médical. Cela permet d’écarter d’éventuels problèmes de santé sous-jacents. « Même si ces problèmes ne sont pas la cause principale du mauvais sommeil, ils peuvent y contribuer. Il vaut mieux apprendre à dormir correctement sans le poids de maladies chroniques mal prises en charge », explique-t-il.
Il conseille également de reprendre l’habitude de se lever à la même heure chaque matin. Contrairement à ce que l’on pourrait penser, l’heure du coucher n’est pas le facteur le plus important. « Se réveiller à la même heure chaque jour établit un rythme solide, qui détermine quand on ressentira de la somnolence le soir », précise-t-il.
De plus, l’exposition à la lumière naturelle dès le matin est un vrai atout. Quelques minutes dehors ou face à une fenêtre ouverte suffisent à envoyer un signal à l’organisme. Cela aide à réguler l’horloge biologique et à se sentir plus alerte le matin, en stoppant la production de mélatonine.
Conseils pour préparer le sommeil
Le Dr Zhou recommande aussi d’instaurer une période de transition avant le coucher. « Éteignez l’ordinateur et évitez de résoudre tous les problèmes du quotidien. Optez pour des activités relaxantes. » Environ une heure avant de dormir, il faut également arrêter d’utiliser son smartphone pour limiter le stress et la fatigue mentale.
Enfin, lors des chaleurs excessives ou des canicules, il est conseillé de prendre quelques précautions : garder les volets fermés pendant la journée, aérer tôt le matin ou en fin de soirée, utiliser des draps légers en coton, et éviter les repas copieux avant le sommeil. Ces gestes contribuent à limiter les réveils nocturnes liés à la chaleur.
Le spécialiste rassure : de nombreuses personnes retrouvent un meilleur sommeil après la retraite. Selon lui, « à condition de ne pas rester au lit toute la journée, la retraite peut même être une solution aux problèmes de sommeil ».








