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Le transit intestinal après 60 ans est un sujet souvent mis de côté, mais qui concerne tout le monde. La façon dont chacun va à la selle dépend de plusieurs facteurs : alimentation, activité physique, stress ou rythme de vie. Avec l’âge, ces habitudes changent. Après 60 ans, environ un tiers des personnes souffrent de constipation. Mais quelle est la fréquence normale pour aller à la selle à cet âge ? Le professeur Véronique Vitton, gastro-entérologue, apporte des précisions.

Une fréquence qui varie selon les individus

Il n’existe pas de norme unique en la matière. Selon l’Assurance Maladie et le Pr Vitton, un transit normal peut aller de trois selles par jour à trois par semaine. Certaines personnes se sentent bien en allant à la selle une ou deux fois par jour, tandis que d’autres n’ont besoin que de trois ou quatre fois par semaine. Tout dépend de chaque individu, de son alimentation, de son activité physique, ou encore de son niveau de stress.

La constipation est généralement définie par une fréquence inférieure à trois selles par semaine. Cependant, ce chiffre ne doit pas être le seul critère. Il est possible d’aller à la selle tous les jours sans se sentir complètement évacué, ou d’y aller moins souvent sans que cela pose problème. Ce qui compte, c’est surtout le ressenti et l’impact sur la vie quotidienne.

Les changements liés à l’âge

Avec le vieillissement, les besoins en matière de transit peuvent évoluer. La constipation devient plus fréquente chez les personnes âgées, et tend à s’aggraver. La capacité du rectum à se contracter et à ressentir l’envie d’aller à la selle diminue. Certaines personnes doivent même recourir à des manœuvres digitales pour faciliter l’évacuation. La baisse d’activité, une alimentation moins équilibrée ou un mode de vie plus sédentaire favorisent aussi la constipation chez les seniors.

Signes d’alerte et conseils médicaux

Il est important de consulter un médecin en cas de certains signes. La présence de sang dans les selles ou des changements inexpliqués dans le transit doivent attirer l’attention. Si votre transit change soudainement ou si la constipation devient chronique et impacte votre quotidien, il faut en parler à un professionnel. Cela permet d’éliminer d’éventuelles causes sérieuses, comme un cancer du côlon ou du rectum, et d’adapter le traitement.

Une constipation non traitée peut entraîner des complications graves, notamment l’incontinence anale. Chez les femmes, des lésions périnéales liées à l’accouchement peuvent aussi avoir des répercussions à long terme, surtout si la constipation et la poussée lors de l’évacuation sont présentes. Il est donc essentiel de ne pas négliger ces symptômes et d’en parler à un spécialiste.

Des traitements pour retrouver un transit normal

Il existe des solutions pour réguler le transit et améliorer la consistance des selles. Cependant, il ne faut pas tomber dans certains pièges. Par exemple, prendre des laxatifs en grande quantité, comme le Macrogol, n’est pas toujours utile si les selles sont déjà normales. Un suppositoire à la glycérine peut suffire pour faciliter l’évacuation en formant des selles plus faciles à pousser.

Les laxatifs de lest ou mucilages, ainsi que certains suppositoires comme le tartrate acide de potassium ou ceux à la glycérine, sont souvent la première étape en cas de selles dures ou peu volumineuses. Ils agissent sur la consistance et le volume des selles, permettant une rééducation du réflexe d’évacuation. Ces traitements peuvent être poursuivis à long terme si nécessaire, sans risquer de rendre le côlon paresseux.

L’objectif est de retrouver un confort digestif et d’éviter que la constipation ne perturbe le quotidien. Parler de ces problèmes avec un professionnel ne doit pas être tabou. La prise en charge adaptée peut faire toute la différence.

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