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Un appel urgent de Charles Biétry aux députés

À 82 ans, Charles Biétry, ancien journaliste sportif atteint de la maladie de Charcot, lance un nouvel appel en faveur d’une loi sur la fin de vie. La proposition de loi sur le droit à l’aide à mourir doit être examinée à l’Assemblée nationale le lundi 22 juin 2026 à 16 heures. Dans un podcast diffusé sur France Inter, intitulé Charles Biétry, son dernier match, il interpelle directement les députés : « Ne perdez pas trop de temps au Parlement car les malades n’en ont pas beaucoup ».

Souffrant de sclérose latérale amyotrophique, il raconte son combat contre la maladie et pour une fin de vie digne. Il exprime sa déception face aux attaques contre la proposition de loi, saluant le travail du rapporteur Olivier Falorni. Selon lui, les Français sont favorables à l’aide à mourir tout en développant les soins palliatifs. Derrière cette expression, aide à mourir Charles Biétry, se cache un compte à rebours très concret.

Le temps des malades face à celui du Parlement

Pour Charles Biétry, cette question est devenue une priorité. Qu’il s’agisse de ses interventions dans l’hémicycle ou dans les médias, son engagement repose sur cette idée : le temps des malades est compté. La maladie l’a rendu muet, mais il s’exprime désormais grâce à une voix recréée par intelligence artificielle, utilisant ses textes, des lectures d’un confrère et des archives sonores. Ce dispositif a été développé avec la société Acapela Group, via sa solution My-Own-Voice. En novembre 2025, il avait déjà demandé à Emmanuel Macron un référendum sur la fin de vie.

L’état d’avancement de la loi sur l’aide à mourir

La proposition de loi a été adoptée deux fois à l’Assemblée nationale : le 27 mai 2025, puis le 25 février 2026. Lors de la dernière votation, elle a recueilli 299 voix contre 226, avec 37 abstentions, selon la chaîne parlementaire LCP. Cependant, le 28 janvier 2026, le Sénat l’a rejetée par 181 voix contre 122, montrant une attitude plus réservée sur la question de la fin de vie dans la Haute Assemblée.

Contenu et points de friction de la proposition de loi

Ce texte, présenté comme complémentaire au développement des soins palliatifs, prévoit un droit à l’aide à mourir pour les personnes majeures atteintes d’une maladie grave et incurable, dont le pronostic vital est engagé. La demande doit être formulée à plusieurs reprises, de manière libre et éclairée. Une équipe médicale évalue cette demande, qui peut aboutir à l’auto-administration d’un produit létal ou à son administration par un professionnel si le patient est incapable de le faire lui-même.

Les débats houleux portent notamment sur les nouveaux délits d’entrave et d’incitation à l’aide à mourir. La version initiale prévoit des peines pouvant aller jusqu’à deux ans de prison et 30 000 € d’amende pour l’entrave, et un an et 15 000 € pour l’incitation, selon Le Dauphiné Libéré. Pour dépasser cette impasse, le gouvernement et le rapporteur Philippe Vigier envisagent de retirer ces articles avant le vote final, prévu à l’Assemblée le 15 juillet.

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