La ménopause et l’huile d’onagre : un remède naturel à connaître
La ménopause peut entraîner de nombreux désagréments pour les femmes autour de 50 ans : bouffées de chaleur, troubles du sommeil, peau qui tire, sécheresse intime. Parmi les solutions naturelles souvent évoquées, l’huile d’onagre, extraite des graines d’Oenothera biennis, revient fréquemment dans les témoignages. Riche en oméga-6, cette huile serait capable d’apaiser les hormones, la peau et les muqueuses. Mais que peut-on réellement attendre de l’huile d’onagre en période de ménopause ?
Les bienfaits de l’huile d’onagre
L’huile d’onagre est une huile végétale riche en acide linoléique et en acide gamma-linolénique (AGL), deux oméga-6 essentiels. Ces composants sont des précurseurs de prostaglandines, qui ont des effets anti-inflammatoires et régulateurs hormonaux. Carole Minker, docteure en pharmacie, explique que l’AGL, grâce à ses propriétés, peut réduire la congestion, les spasmes et les douleurs, tout en aidant à rééquilibrer les hormones féminines.
Intérêt de l’huile d’onagre à la ménopause
Une étude de 2013 menée par le médecin Farzaneh a montré qu’après six semaines de supplémentation, la fréquence et la gravité des bouffées de chaleur diminuaient d’environ 39 % et 42 % par rapport à un placebo. Elle apparaît donc comme un complément de confort. Cependant, elle ne remplace pas un traitement hormonal ou un suivi médical.
Outre les bouffées de chaleur, la baisse des œstrogènes peut entraîner une sécheresse de la peau, des tiraillements, voire des troubles comme l’acné ou la rosacée. L’huile d’onagre, grâce à l’AGL et à la vitamine E qu’elle contient naturellement, aide à restaurer le film hydrolipidique de la peau, à préserver son élasticité et à apaiser certains problèmes cutanés comme l’eczéma ou le psoriasis, lorsqu’elle est utilisée en cure orale et en application locale.
Comment utiliser l’huile d’onagre
- Pour le syndrome prémenstruel (SPM) et la ménopause : Prendre 1 à 2 capsules de 500 mg ou 1 cuillère à café d’huile d’onagre par jour, réparties en 3 prises, pendant 3 mois. La cure peut être renouvelée si nécessaire.
- Pour la sécheresse vaginale : Appliquer localement quelques gouttes d’huile d’onagre, 1 à 2 fois par jour. La prise orale peut aussi être complétée.
- Pour les affections cutanées : Consommer 6 à 8 g (ou 4 g pour les enfants) d’huile d’onagre par jour, pendant 3 mois. La cure peut être renouvelée. L’application locale de quelques gouttes peut aussi apporter un soulagement.
- En cosmétique : Le matin ou le soir, après le démaquillage, masser quelques gouttes d’huile d’onagre sur le visage. Il est possible d’ajouter une goutte d’essence de citron ou d’huile essentielle d’hélichryse pour lutter contre la couperose ou l’acné rosacée, en évitant l’exposition au soleil. Pour réduire les rides, une goutte d’huile essentielle de géranium rosat peut être ajoutée.
Précautions à prendre
Il est recommandé de choisir une huile d’onagre vierge, de première pression à froid, et biologique. Conservez-la à l’abri de la lumière, de l’air et de la chaleur. Vous pouvez l’utiliser pour assaisonner vos vinaigrettes en remplacement partiel ou total de votre huile habituelle. Elle existe aussi sous forme de compléments alimentaires, sous forme de capsules, qui préservent mieux ses propriétés.
Attention toutefois si vous prenez des anticoagulants ou des antiviraux, si vous avez des troubles de la coagulation, ou si vous êtes enceinte ou allaitante. La prudence est de mise durant ces périodes.
Notre experte : Carole Minker, docteure en pharmacie et en pharmacognosie, auteure du Guide des plantes sauvages.







