Des retraités optent pour le convoyage automobile avec un simple permis B
De plus en plus de retraités se lancent dans le convoyage de véhicules pour compléter leurs revenus. Cette activité, accessible avec un permis B, attire par sa simplicité et sa flexibilité. Cependant, derrière les promesses séduisantes, la réalité économique est souvent plus complexe.
Un concept attractif qui séduit
Le principe est simple : un retraité inscrit sur une plateforme comme Hiflow, DriiveMe ou Otoqi accepte des missions pour déplacer des voitures. Il peut choisir ses trajets, sans besoin de diplômes spécifiques. Sur son smartphone, il reçoit les missions, prend la voiture, la livre, puis rentre chez lui. La promesse : gagner jusqu’à 1 500 € par mois en transportant des véhicules.
Les plateformes mettent en avant la grande flexibilité de cette activité, avec des partenariats avec des grands groupes comme Stellantis ou Volkswagen. Sur le papier, cela ressemble à une façon facile de compléter la pension, en enchaînant des missions de longue distance, plusieurs jours par semaine.
Ce que disent réellement les chiffres
En pratique, le montant maximal de 1 500 € brut par mois concerne surtout les conducteurs très actifs, réalisant plusieurs missions par semaine. Pour un retraité moyen, le revenu tourne plutôt autour de 500 € par mois. Et ce montant brut ne tient pas compte des dépenses.
Les frais liés au carburant, aux péages, ou encore aux repas et hébergement, restent souvent à la charge du convoyeur. Même si le remboursement des frais de déplacement est prévu, le retour, la nourriture, ou le trajet pour rejoindre le véhicule ne le sont pas toujours.
Les coûts qui réduisent les revenus
Un exemple précis montre la différence entre le chiffre d’affaires annoncé et le revenu réel. Un retraité peut gagner environ 1 200 € brut en un mois intensif. Mais, après déduction des frais de transport (180 €), des repas (80 €), des cotisations sociales (environ 254 €), et de l’assurance responsabilité civile (125 à 233 € par mois), le revenu net tombe entre 453 € et 561 €.
Autrement dit, moins de la moitié des 1 200 € bruts reste en poche. De plus, le temps consacré à l’organisation, aux démarches administratives et à l’attente ne génère pas directement de revenu. Cela peut réduire encore davantage la rentabilité pour un retraité qui espérait simplement faire quelques balades en voiture.
Les démarches administratives et précautions à prévoir
Se lancer dans le convoyage ne se limite pas à accepter des missions. Il faut aussi s’inscrire en tant que micro-entrepreneur, obtenir un numéro SIRET, déclarer régulièrement son chiffre d’affaires à l’URSSAF, et souscrire une assurance RC Pro. Ces démarches impliquent des cotisations importantes, qui pèsent sur le revenu.
Pour les retraités, le cumul emploi-retraite doit aussi être examiné. Un cumul total sans plafond est possible si certaines conditions sont remplies, mais sinon, les revenus issus du convoyage sont limités à 24 030 € par an. Dépasser ce plafond peut entraîner la suspension ou la réduction de la pension.
Conseils pour éviter les mauvaises surprises
- Calculer précisément les frais liés au retour, à l’hébergement, aux repas et demander des devis pour l’assurance RC Pro.
- Simuler le montant des cotisations URSSAF selon le chiffre d’affaires prévu.
- Vérifier auprès de sa caisse de retraite si le cumul emploi-retraite est possible sans impact sur la pension.
- Comparer les différentes plateformes, leurs conditions d’accès et ce qu’elles remboursent réellement.
- Commencer par quelques missions tests pour évaluer la rentabilité avant de s’engager à long terme.
Selon plusieurs convoyeurs indépendants, il est difficile de vivre uniquement de cette activité. Elle peut constituer un bon complément, mais nécessite une gestion rigoureuse et une bonne connaissance des coûts réels. Pour un retraité qui aime conduire et est prêt à gérer la paperasse, cela peut être une option, à condition d’être bien informé et prudent avant de se lancer.








