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Une nouvelle piste pour comprendre l’inefficacité de la vitamine D

De nombreux Français prennent chaque hiver des gouttes de vitamine D, mais leurs analyses sanguines restent souvent faibles. Ce phénomène, courant en France, intrigue les chercheurs. Des travaux récents publiés dans la revue The American Journal of Clinical Nutrition mettent en lumière un acteur souvent négligé : le magnésium. Il pourrait expliquer pourquoi la vitamine D ne fonctionne pas toujours comme prévu.

Le rôle du magnésium dans l’efficacité de la vitamine D

La vitamine D, produite par la peau sous l’effet du soleil ou présente dans certains aliments, est essentielle pour l’absorption du calcium, le système immunitaire et la santé mentale. Les autorités recommandent environ 15 microgrammes par jour, soit 600 UI. Pourtant, une grande partie de la population reste en carence.

Une hypothèse avancée : un mauvais équilibre entre la vitamine D et le magnésium pourrait limiter l’efficacité de cette dernière. En effet, lorsque l’apport en magnésium est insuffisant, le corps a du mal à transformer la vitamine D en ses formes actives, ce qui réduit son impact.

Les conséquences d’un faible apport en magnésium

Le magnésium, un minéral présent dans de nombreux aliments, intervient dans plus de 300 réactions enzymatiques. Notamment, il facilite la conversion de la vitamine D en sa forme active. En cas de déficit en magnésium, ce processus ralentit, ce qui limite la circulation de la vitamine D dans l’organisme et réduit ses effets bénéfiques.

Selon une étude américaine, corriger une carence en magnésium peut améliorer l’activation de la vitamine D. Cependant, la réponse ne dépend pas uniquement de ce seul nutriment. L’alimentation globale, l’exposition au soleil et le mode de vie jouent également un rôle important dans la réponse à la vitamine D et aux compléments.

Les résultats d’une étude sur le magnésium et la vitamine D

Pour mieux comprendre cette relation, des chercheurs ont recruté près de 240 adultes, répartis en deux groupes. L’un recevait chaque jour un supplément de magnésium ajusté à son alimentation (environ 200 milligrammes), l’autre un placebo. Leur taux de vitamine D sanguin a été suivi sur plusieurs semaines.

Les résultats ont été surprenants : chez les personnes partant avec un faible taux de vitamine D, celui-ci a augmenté. En revanche, chez celles dont le niveau était déjà élevé, il a diminué. La chercheuse Qi Dai, M.D., Ph.D., explique aussi que le magnésium peut influencer certaines bactéries du microbiote intestinal, qui participent à la production de vitamine D chez certains profils génétiques, notamment ceux liés au gène TRPM7.

Comment optimiser l’efficacité de la vitamine D ?

La supplémentation en vitamine D reste la première solution lorsqu’une carence est confirmée. Elle doit être associée à une alimentation riche en vitamine D, exposée au soleil. Pour favoriser l’absorption, il est conseillé d’augmenter l’apport en magnésium. On trouve ce minéral dans les graines de citrouille, les amandes, les épinards, les haricots noirs ou le saumon, qui apportent aussi des protéines.

Si ces mesures ne suffisent pas, un professionnel de santé peut recommander un complément de magnésium, sous forme de glycinate ou de citrate, qui sont généralement mieux tolérés. Il est important de consulter un médecin avant toute supplémentation, car le magnésium peut interagir avec certains médicaments, comme les bisphosphonates, certains antibiotiques, les diurétiques ou les inhibiteurs de la pompe à protons. Un bilan sanguin est conseillé pour adapter la dose.

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