Aborder une conversation sensible sans créer de tensions : 3 conseils d’un psychologue
Les relations humaines sont souvent complexes, chargées d’émotions, d’attentes et de malentendus. Certaines discussions peuvent rapidement devenir délicates. Par peur de blesser l’autre, d’être mal compris ou de provoquer un conflit, il n’est pas toujours évident de choisir le bon moment pour parler. Selon le psychologue Mark Travers, notre manière de gérer ces situations dépend en grande partie de notre sécurité émotionnelle et de notre estime de soi. Voici trois stratégies pour aborder plus sereinement les sujets difficiles.
Savoir réguler ses émotions
Lorsque la conversation devient tendue, les émotions peuvent prendre le dessus. Le psychologue explique que les personnes émotionnellement stables tendent à privilégier la régulation physiologique plutôt que la seule parole. Elles sont attentives aux signaux corporels, comme une sensation d’oppression dans la poitrine ou une respiration superficielle, et elles ressentent l’envie d’interrompre ou de se retirer. Au lieu de forcer la discussion, elles ralentissent leur rythme.
Pour y parvenir, il est conseillé d’effectuer un scan corporel dès que l’on sent son corps se crisper :
- Inspirer profondément et retenir son souffle si nécessaire.
- Prendre un moment avant de répondre si quelque chose a perturbé.
- Assouplir sa posture si l’on sent ses épaules, son dos, ses mains ou ses orteils se raidir.
- Baisser le volume de sa voix et vérifier son intonation si celle-ci devient plus forte.
Ce ralentissement physiologique permet d’observer une meilleure empathie situationnelle, car la régulation des émotions influence positivement notre manière d’interagir avec les autres, note l’expert.
Exprimer son expérience personnelle sans accuser
Les personnes qui manquent de sécurité émotionnelle ont tendance à accuser l’autre en utilisant des formulations du type « tu as toujours… », « tu n’as jamais… » ou « tu me fais sentir… ». Selon le psychologue, ce type de langage est brutal et peut aggraver le conflit. La clé pour mieux communiquer est d’orienter ses propos vers l’expérience personnelle, plutôt que de faire des jugements ou des accusations.
Voici quelques exemples de formulations recommandées par Mark Travers, utilisant le pronom « je » :
- « Lorsque vous avez pris cette décision sans me consulter, je me suis sentie exclue et j’ai commencé à m’interroger sur mon rôle ici. »
- « Je me suis aperçue que je prenais mes distances après cette conversation, car je me sentais mise à l’écart. »
- « J’ai du mal à m’adapter à ce changement et je ressens le besoin de plus de clarté pour me sentir à l’aise. »
En formulant ses pensées ainsi, on partage un point de vue personnel plutôt qu’une attaque, ce qui facilite la compréhension et évite d’envenimer la situation.








