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Une réflexion sur le vieillissement et la chirurgie esthétique

Face à la banalisation des interventions esthétiques, Nathalie Azoulai s’interroge sur le choix de laisser son visage vieillir naturellement dans les pages de Madame Figaro. Dans son livre Le Nouveau Visage, elle explore la relation des femmes au temps, à la beauté et aux fractures possibles entre celles qui ont recours à la chirurgie et celles qui ne le font pas.

Elle ne donne pas de réponse définitive à la question : faut-il opérer ou non ? Selon elle, l’acceptation du vieillissement naturel peut être une forme de sagesse ou de sérénité. Elle précise cependant que cette position n’est pas encore totalement stable. Pour elle, vieillir sans recourir à la chirurgie ne signifie pas forcément renoncer à soi-même. Cela peut aussi être une façon d’accepter que le visage témoigne du passage du temps.

Elle critique le « visage californien » souvent prôné, qui consiste à corriger ou retarder les effets du vieillissement, et souligne que cette injonction ne concerne pas seulement les actrices, mais plus largement le rapport des femmes à leur apparence et à leur âge.

Une nouvelle frontière entre femmes ?

Une autre question émerge : que se passe-t-il lorsque certaines femmes choisissent la chirurgie et d’autres non ? Nathalie Azoulai imagine une fracture croissante entre les « opérées » et les « non-opérées ». Ces deux façons de vieillir pourraient coexister, jusqu’à devenir visibles au sein d’une même génération.

Elle raconte avoir observé une famille à Los Angeles où une grand-mère très transformée par la chirurgie ne ressemblait plus ni à sa fille ni à ses petites-filles. Cette scène l’a marquée, car elle est sensible aux « airs de famille » et à la transmission génétique. Un nez modifié chez une mère peut toujours réapparaître inchangé chez la fille, illustrant que la chirurgie ne modifie pas la transmission héréditaire.

Selon elle, cela pourrait conduire à une surenchère chirurgicale ou à des contrastes de plus en plus marqués entre celles qui ont modifié leur apparence et celles qui ont laissé leurs traits évoluer naturellement.

Le poids de la société

Cette réflexion soulève aussi la difficulté d’accepter de changer de camp. Nathalie Azoulai, qui a été séduisante pendant vingt ans, explique que le fait de devoir faire face à la disparition progressive de cette beauté est une épreuve. Élevée par une mère pour qui la beauté était essentielle, elle trouve le renoncement à cette forme de pouvoir particulièrement difficile.

Elle précise toutefois qu’elle ne condamne pas la chirurgie ni celles qui y ont recours. Elle reste perplexe face aux jugements des autres et considère cette question comme insoluble. Pour elle, ne rien faire peut aussi être une forme de choix, celui de laisser le visage raconter le passage du temps. Avec la banalisation des interventions, cette position pourrait devenir de plus en plus visible, voire invisible.

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