SHARE

Une étude américaine, suivant près de 6 000 personnes pendant huit ans, révèle que le facteur le plus protecteur pour la mémoire après 80 ans n’est pas celui que l’on privilégie habituellement. Il ne s’agit pas simplement de faire des mots croisés ou de lire.

De plus en plus de personnes pensent que stimuler régulièrement leur cerveau, par des exercices quotidiens, suffit à prévenir le déclin cognitif. Pourtant, des chercheurs ont identifié un élément plus déterminant. Ce n’est pas dans un livre ou une grille de sudoku que se cache la clé de la préservation de la mémoire.

Pourquoi certaines personnes restent-elles mentalement vives après 80 ans, alors que d’autres voient leur mémoire décliner rapidement ? La réponse combine plusieurs facteurs, comme une alimentation équilibrée, l’activité physique et une bonne santé cardiovasculaire. Mais une nouvelle étape de recherche met en avant un autre aspect : la stimulation intellectuelle et sociale quotidienne.

Les scientifiques de l’Université du Texas, à l’École de santé publique, ont étudié les habitudes de plusieurs milliers de seniors pour comprendre ce qui aide le cerveau à mieux vieillir. Entre 2012 et 2020, ils ont analysé la fréquence à laquelle ces personnes pratiquaient des activités stimulantes : lecture, jeux de réflexion, mots croisés, loisirs créatifs ou autres passe-temps cognitifs.

Leurs résultats sont clairs : ceux qui participaient activement à ces activités avaient généralement une meilleure fonction cognitive sur la durée. En résumé, entretenir régulièrement son cerveau permet de préserver la mémoire, l’attention et la vitesse de traitement de l’information.

Les activités sociales, un facteur clé

Si les activités comme les mots croisés ou la lecture ont des bienfaits, elles ne suffisent pas toujours à elles seules. Les neurologues soulignent que ce qui protège le plus le cerveau, c’est la stimulation par l’échange avec d’autres personnes. La dimension collective est souvent négligée au profit d’exercices en solitaire.

Selon le Dr Kim, les activités en groupe sont souvent plus bénéfiques que celles pratiquées seul à la maison. Participer à un club de lecture, jouer à des jeux de société avec des proches, suivre un atelier culturel ou apprendre une nouvelle activité avec d’autres stimule la réflexion, les émotions et les compétences relationnelles.

Ce lien social est essentiel car il sollicite plusieurs fonctions du cerveau : l’attention, le langage, la mémoire, mais aussi la gestion des émotions et des interactions. On peut comparer le cerveau à un orchestre : quand on lit seul, quelques musiciens jouent. Lorsqu’on échange avec d’autres, c’est tout l’orchestre qui se met en mouvement.

Comment préserver sa mémoire au quotidien

Le Dr Wilfrid Casseron rappelle que la mémoire ne dépend pas uniquement des efforts intellectuels. Une bonne santé cardiovasculaire est également indispensable. Un cerveau en bonne santé nécessite une circulation sanguine efficace pour recevoir l’oxygène et les nutriments essentiels.

Bonne nouvelle : même après 60, 70 ou 80 ans, le cerveau conserve une capacité d’adaptation importante. Les experts insistent sur le fait qu’il n’est jamais trop tard pour commencer de nouvelles activités ou renforcer ses liens sociaux. Ces changements peuvent avoir des effets positifs durables.

Voici quelques exemples concrets :

  • S’inscrire dans un club ou un atelier réunissant plusieurs personnes autour d’une passion.
  • Privilégier les jeux de société en famille ou entre amis plutôt que les applications solitaires sur tablette.
  • Participer à des activités culturelles collectives, comme un cours de langue ou un groupe de discussion.
  • Créer des occasions régulières d’échanges, même simples, avec son entourage.

Et si ces habitudes ne font pas partie de votre quotidien, il n’est jamais trop tard pour les adopter. Comme le rappelle Stacy Andersen, il n’est jamais trop tard pour prendre soin de soi et commencer à pratiquer des activités bénéfiques pour la santé cognitive.

L’essentiel est de combiner stimulation intellectuelle et lien social, deux piliers qui se renforcent mutuellement pour protéger nos capacités cognitives à long terme.

En résumé

  • Une étude de l’Université du Texas a suivi 6 000 seniors entre 2012 et 2020 pour comprendre comment préserver la mémoire avec l’âge.
  • Les activités sociales et intellectuelles, comme les clubs ou les jeux de société, sont plus efficaces que les exercices en solitaire.
  • Maintenir une stimulation cognitive et des échanges sociaux réguliers est essentiel pour préserver ses capacités cognitives.

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here