Une étude révèle un lien entre ménopause précoce et hypertension à long terme
La ménopause est une étape naturelle dans la vie des femmes, mais lorsqu’elle survient avant l’âge habituel, ses effets peuvent être plus graves que de simples troubles comme les bouffées de chaleur ou les troubles du sommeil. Déjà associée à plusieurs risques pour la santé, une nouvelle étude suggère qu’une ménopause précoce pourrait également augmenter le risque d’hypertension artérielle plusieurs années plus tard.
Pour obtenir ces résultats, des chercheurs ont analysé les données de plus de 107 000 femmes issues de la base britannique UK Biobank, suivies pendant près de 15 ans. Leur étude montre que les femmes ayant connu la ménopause avant 40 ans sont plus susceptibles de développer une hypertension que celles qui ont atteint la ménopause après 45 ans. Cette différence pourrait influencer leur suivi médical à long terme.
Pourquoi le risque d’hypertension augmente-t-il après une ménopause précoce ?
Selon une publication dans la revue scientifique Menopause, 18 508 femmes, soit 17,2 % de la cohorte, ont développé une hypertension au cours du suivi. Le risque augmentait à mesure que l’âge de la ménopause diminuait : 16,6 % chez celles ménopausées après 45 ans, 18,8 % entre 40 et 45 ans, et 22,6 % chez celles ménopausées avant 40 ans.
Après avoir pris en compte plus de 50 variables telles que le poids, le tabac, l’activité physique, les analyses sanguines ou encore les antécédents familiaux, les chercheurs ont constaté que les femmes ménopausées avant 40 ans avaient un risque accru d’hypertension de 12,3 % par rapport à celles ménopausées plus tard. Ces résultats indiquent que l’âge de la ménopause doit être considéré comme un facteur de risque cardiovasculaire à part entière.
À quel âge la ménopause devient-elle un facteur de risque ?
Les médecins considèrent qu’une ménopause est « normale » lorsqu’elle survient après 45 ans. Entre 40 et 45 ans, on parle de ménopause précoce, et avant 40 ans, de ménopause prématurée. L’étude va plus loin en montrant que le risque d’hypertension est particulièrement élevé chez les femmes ménopausées entre 25 et 35 ans, un âge bien en dessous du seuil habituel de la ménopause précoce.
Le type de ménopause, naturelle ou chirurgicale (suite à une ablation des ovaires ou de l’utérus), a aussi été étudié. Si la ménopause chirurgicale semblait liée à une plus grande incidence d’hypertension dans des analyses simples, cette association disparaissait après ajustement pour d’autres facteurs. En résumé, c’est surtout la précocité de la ménopause qui constitue un signal d’alerte, peu importe sa cause.
Comment se protéger en cas de ménopause avant 40 ans ?
Les spécialistes recommandent un suivi régulier de la tension artérielle chez les femmes ayant une ménopause survenue avant 40 ans, même en l’absence de symptômes. L’Assurance Maladie précise que le traitement hormonal peut être proposé en cas de ménopause précoce, jusqu’à l’âge de la ménopause naturelle, à condition qu’aucune contre-indication ne soit détectée.
Plusieurs gestes simples peuvent également aider à réduire le risque :
- Surveiller régulièrement sa tension, en cabinet médical et à domicile, en notant les valeurs ;
- Agir sur les facteurs de risque cardiovasculaire : arrêter de fumer, maintenir un poids santé, faire de l’exercice, réduire la consommation de sel et d’alcool.
La Société nord-américaine de la ménopause, The Menopause Society, insiste sur l’importance de dépister régulièrement ces facteurs, notamment l’hypertension, chez les femmes ayant eu une ménopause précoce. Le Dr Stephanie Faubion souligne que ces résultats mettent en évidence la nécessité de surveiller la santé cardiovasculaire à long terme pour cette population.








