La ménopause survient en moyenne vers 51 ans, lorsque les règles s’arrêtent. Cependant, l’âge exact peut varier considérablement d’une femme à l’autre, parfois de plus de dix ans. Cela soulève la question : peut-on réellement retarder cette étape ? Entre la génétique, le mode de vie et les avancées médicales, les réponses sont nuancées. Les promesses de solutions miracles ne tiennent pas face aux données scientifiques.
Une partie de l’horloge ovarienne est programmée dès la naissance, ce qui limite les possibilités d’intervention. Cependant, plusieurs études suggèrent qu’adopter une bonne hygiène de vie dès le plus jeune âge peut permettre de gagner quelques mois, voire quelques années sur le calendrier naturel de la ménopause, tout en préservant la santé globale. Des chercheurs explorent aussi des leviers inattendus pour agir sur le sujet.
Une horloge principalement génétique, mais pas totalement figée
La réserve d’ovocytes, qui constitue la capacité reproductive d’une femme, se forme avant la naissance et diminue progressivement jusqu’à la ménopause. La génétique joue un rôle majeur dans le moment où celle-ci survient. Par exemple, certaines femmes fumeuses ont en moyenne une ménopause plus précoce de 0,8 à 2 ans par rapport à celles qui ne fument pas. Cela montre l’impact du mode de vie sur le processus.
Il est important de préciser que l’objectif réaliste n’est pas de repousser la ménopause à 60 ans, mais plutôt d’éviter qu’elle n’arrive trop tôt, sans raison valable. Une alimentation équilibrée, un poids stable, l’arrêt du tabac et un sommeil de qualité semblent aider à préserver les ovaires. Les experts rappellent aussi que les plantes comme le soja, riches en phyto-œstrogènes, n’ont pas prouvé qu’elles retardent l’arrêt des règles. Toutefois, elles peuvent contribuer à renforcer la santé des os ou soulager certains symptômes.
Comment l’alimentation peut-elle influencer la ménopause ?
Une étude américaine importante a analysé 4 514 femmes ménopausées, en utilisant un indice global d’antioxydants, le Composite Dietary Antioxidant Index. Les femmes qui en consommaient le plus ont connu la ménopause environ un an plus tard que celles ayant une consommation moindre. Elles avaient aussi une durée de vie reproductive légèrement plus longue, d’environ un an.
Les chercheurs ont identifié la vitamine C et les caroténoïdes comme des éléments pouvant prolonger la période reproductive. Selon l’étude, il suffit d’environ 90 mg de vitamine C, 6 mg de caroténoïdes et 11 mg de zinc par jour pour obtenir ces effets. Ces quantités correspondent, par exemple, à une orange, une tasse de brocoli, une carotte, une portion d’épinards, 85 g d’huîtres ou une poignée d’amandes.
Les auteurs soulignent que ces apports nutritionnels sont accessibles via une alimentation simple, comme l’ajout de fruits et légumes à chaque repas. Bien que cette étude soit observationnelle, elle suggère que de modestes améliorations alimentaires pourraient retarder l’arrivée de la ménopause et prolonger la période reproductive. Cependant, cela ne prouve pas un lien direct de cause à effet.
Activité sexuelle et avancées médicales pour gagner du temps
Une étude britannique portant sur 3 000 femmes sur une période de dix ans a montré que celles qui avaient une activité sexuelle au moins une fois par semaine avaient 28 % de moins de chances d’être ménopausées à 51 ans, comparé à celles qui étaient actives une fois par mois. Les chercheurs expliquent cela par un compromis énergétique : l’organisme pourrait maintenir l’ovulation s’il perçoit une chance de grossesse.
Côté médical, plusieurs essais sont en cours pour explorer des solutions susceptibles de prolonger la période reproductive. Parmi celles-ci, la rapamycine administrée à dose hebdomadaire, qui pourrait permettre de gagner plusieurs années, ou encore la greffe de tissu ovarien congelé puis réimplanté à l’approche d’une ménopause précoce. Ces pistes restent toutefois à l’état de recherche et ne sont pas encore accessibles en pratique courante.








